Bilan Saison 4

L'année a tout de même bien commencé. Alors que le printemps vient de commencer, faisons un court bilan. Tandis que The Good Wife a repris du poil de la bête, Mike White nous a offert avec la deuxième (et ultime) saison d'Enlightened une superbe expérience. The Americans s'est révélé la nouveauté la plus enthousiasmante de 2013 et malgré ses maladresses, Lena Dunham a tout de même su nous pondre quelques moments forts dans la suite de Girls. Du côté des comédies, New Girl a continué son état de grâce tandis que Cougar Town retrouvait une nouvelle fraîcheur et que l'on a pu compter sur Workaholics pour les fous rires et sur Parks & Rec pour une routine tout à fait confortable. Si j'attends encore de voir comment Community va pouvoir regagner notre confiance et The Office se terminer en beauté malgré tous les problèmes qu'elle doit encore résoudre, je le redis, 2013 ne m'a pas déçu pour le moment. 


Et le plus formidable dans tout ça, c'était Justified. Je ne faisais pas partie de ceux qui étaient particulièrement déçus par la troisième saison mais il est clair que celle-ci est d'un niveau nettement supérieur. Et ça tient à peu de choses finalement. Dans les deux cas, on a un réseau grandissant de personnages, un fil rouge qui ne cesse de gagner en complexité au fil des épisodes et un combat constant entre les gentils et les méchants où les méchants se prennent pour des gentils et où les gentils refusent d'avouer qu'ils sont méchants. Sauf que cette année, la maitrise était totale. 

On aurait pu s'inquiéter en début de saison d'un manque de focus. D'un côté, Raylan s'amusait avec sa nouvelle copine. De l'autre, Boyd était amoureux de la sienne. Et tandis qu'une église s'installait à Harlan, un mystérieux Drew Thompson devait être retrouvé. Et puis très vite, le mélange a pris, la tension est revenu et depuis, on n'a pas eu une minute sans s'ennuyer. Que ce soit lors de longs dialogues ou de scènes d'actions, impossible de ne pas avoir été hypnotisé par une saison où le danger était constant et les enjeux aussi simples que trépidants.

De toute façon, la recherche de Drew Thompson n'était qu'un prétexte pour exploiter les mêmes thèmes : l'appartenance, le déterminisme et la loyauté. En faisant plâner le fantôme d'Arlo tout au long de la saison, les scénaristes sont parvenus à brouiller encore plus ce qui relie et sépare Raylan et Boyd (Timothy Olyphant et Walton Goggins plus charismatiques que jamais), deux anti-héros qui ont su se partager l'antenne équitablement et sans jamais qu'on ne parvienne à choisir son camp. Tandis que Art était au sommet de sa forme au niveau réthorique, Tim et Rachel ont eu le droit à une mise en valeur qu'on n'attendait plus et Ava a pris une dimension émotionnelle qui n'est jamais redescendue.


Comme d'habitude, les guest-star ont défilés et jamais gratuitement, toujours avec des rôles sur mesure et exploités à la perfection. Que ce soit un Ron Eldard étonnemment attachant avec son allure de Depardieu poisseux ou Mike O'Malley et son personnage de mafieux décontracté. Alors qu'on aurait pu s'attendre au pire, la présence du comédien Patton Oswalt fut une excellente surprise, aboutissant d'ailleurs à l'une des scènes les plus mémorables de la série. Et alors que jusque là, j'avais toujours trouvé dommage de ne pas mieux utiliser un acteur de la trempe de Jim Beaver, on peut dire que la série a su lui donner de quoi prendre toute la place. 

Les grands moments de la saison sont trop nombreux pour les dénombrer ici et de toute façon, tout est trop lié et parfaitement construit pour que l'on s'amuse à démonter l'ensemble en pièces séparés (même s'il faut noter que "Decoy" était un pur moment d'adrénaline comme on en fait plus et sans aucun doute l'épisode le plus jouissif de la série). Chacun a eu son rôle à jouer et la série en ressort encore plus passionnante et riche qu'auparavant. Car encore plus que l'an dernier, il y avait derrière ce jeu scénaristique un vrai soin apporté au parcours des personnages et à leurs tourments. De western à la cool, Justified est passé en mode western crépusculaire, tout en restant plus cool que jamais. 

Hautement satisfait, on quitte donc Harlan à l'aube du printemps. Juste à temps pour aller passer du temps à Westeros et retourner dans le passé avec la sixième saison de Mad Men. L'année a bien commencé et risque de se poursuivre plutôt bien...

Commentaires

Articles les plus consultés