Bilan Saison 4 [1/2]


Peut-être que je suis en overdose après avoir dévoré aussi rapidement la troisième saison. Peut-être que le final de celle-ci, avec sa longue dream sequence guimauve, m’a coupé l’appétit. Peut-être que, tout simplement, et ça arrive à de nombreuses sitcoms au bout d’un moment, Cheers traverse avec cette poignée d’épisodes un passage à vide. Sauf que des épisodes, il m’en reste 200 à regarder et là, j’ai presque envie de ralentir ma course. La série n’est pas devenue mauvaise soudainement, sa formule est juste moins surprenante et du coup, je commence doucement à m’ennuyer. C’est normal avec une sitcom me direz-vous mais, jusque là, les scénaristes étaient parvenus à nous offrir de belles variations sur les même thèmes en exploitant leurs personnages avec créativité. Ce que j’ai vu pour l’instant de la quatrième saison est bien plus paresseux.

Prenez le season premiere par exemple, « Birth, Death, Love and Rice » qui se débarrasse rapidement de la mort de Coach pour le remplacer à la va-vite par un Coach du pauvre. Un p’tit gars de la campagne bien gentil et doucement idiot mais sans l’once de la dimension émotionnelle que possédait son prédécesseur. Woody, le personnage incarné par un très jeune Woody Harrelson, va bien entendu – en tout cas je l’espère – devenir bien plus que ça durant le reste de son parcours dans la série mais pour l’instant, c’est un peu léger comme introduction de perso, surtout en comparaison avec celle de Frasier Crane un an plus tôt. Je m’attendais d’ailleurs à voir le psychiatre rejoindre les rangs du casting pour de bon mais il apparaît toujours en guest-star occasionnelle pendant que sa chère Diane revient jouer les serveuses et entretenir son amour vache avec Sam. Le petit jeu de ces deux-là a perdu pas mal de fraîcheur et leurs confrontations ne me font plus beaucoup d’effet tellement c’est vu et revu (l’histoire d’argent de « I Will Gladly Pay You Tuesday »). Et pendant ce temps là, Carla poursuit ses aventures sentimentales (un « 2 Good To Be 4 Real » en pilotage automatique) et le duo Norm/Cliff sont en mode comic-relief sans reliefs et sans véritable dimension dramatique à désamorcer.

Je ne reproche pas à Cheers de se répéter. Je lui reproche de le faire sans trop d’efforts et sans s’embêter de mélanger les tonalités comme elle a pu le faire si bien auparavant. Quand les choses sont drôles, on tombe dans la farce assez grossière. Quand elles sont tristes, on tombe dans la guimauve. Où est l’équilibre ? Est-ce que, comme je le prédisais dans ma récente review, Coach l’a emporté avec lui dans la tombe ? Peut-être qu’une pause me fera du bien.

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