4.11 What To My Wondering Eyes
Que l’on aime la famille ou pas, il y a des étapes où il est difficile de s’en passer. Des temps forts : mariages, enterrements, fêtes de fin d’années. En tant que meilleur série familiale aujourd’hui à l’écran, Parenthood nous a déjà invité à des mariages, à Thanksgiving et à un tas de temps fort. Mais, à cause d’un planning toujours mal adapté, c’est seulement au bout de quatre saisons qu’elle nous offre un épisode de Noël. Ecrit par Jason Katims. Autant dire que « perfection » résonne dans ma tête dès les premières minutes.

Et malgré tout le bien que je pense de cet épisode franchement réussi, je suis un peu déçu. En fait, une partie de moi aurait souhaité que le pire arrive à Kristina. J’ai déjà parlé de ça : ce n’est pas que je souhaite la disparition du personnage car je l’adore et Monica Potter est trop excellente pour quitter ma télévision. Non, c’est juste que le temps fort que j’ai aussi envie de voir dans Parenthood, c’est l’enterrement. J’ai perdu un membre de ma famille à Noël et mon dieu ce que j’ai pleuré et ce que j’ai tremblé durant toute les scènes à l’hôpital, que ce soit l’accolade entre Adam et son père ou la vidéo d’adieu préenregistrée. J’ai frémis alors que les Braverman faisaient bonne figure face aux enfants et célébrait Noël comme il se doit. Mais si une part de moi était soulagée par le happy end, je n’avais au fond pas réellement envie de voir un miracle de Noël.
Je voulais que la série qui me remplit le plus de joie actuellement finisse l’année sur une note plus sombre, sur une vraie prise de risques. Je voulais que la fin de saison aborde le deuil, un thème que des gens comme Jason Katims ou Peter Krause maitrisent particulièrement bien et qui nous aurait offert de très belles heures de télévision, sans aucun doute. Je voulais voir la scène où Adam doit montrer la vidéo aux enfants, où Haddie finit par arriver mais trop tard, où toute la famille s’unit face à ce drame. Au lieu de ça, la scène finale à l’hôpital me semblait un peu redondante de celle où, quelques épisodes plus tôt, Kristina annonce la nouvelle à sa famille et où tout le monde est sous le choc. La même scène, avec le même retour d’Haddie, mais en version joyeuse et un peu mièvre (de la mièvrerie tout à fait justifiée, cela dit).
J’ai eu mes larmes, j’ai eu mes émotions et j’ai passé une heure magique. Mais j’aurais aimé une résolution moins facile. J’aime quand une série me parle et comme je n’ai pas eu la chance d’avoir ce genre de happy end, j’aurais souhaité qu’elle me parle aussi de ça. Que je puisse m’identifier encore plus aux Braverman par la suite. Que je puisse faire ma thérapie à travers le petit écran. Il faut croire que Six Feet Under n’a pas suffi, il m’en faut plus. C’est un peu étrange, un peu sombre comme façon de concevoir un gentil épisode de Noël, mais Parenthood a le potentiel nécessaire pour ne pas être seulement gentil. Elle peut être formidablement juste et il ne lui manque plus que ce temps fort, ce thème du deuil, pour exploiter ce potentiel, j’en suis convaincu.
La série n’est pas terminé (et si NBC l’annule pendant les fêtes, je ne croirais plus au Père Noël, ni à l’amour, ni à rien). Les choses peuvent encore s’aggraver pour Kristina. C’était juste une opportunité manquée de pousser encore plus loin nos émotions, sans que ce soit gratuit. Comme le happy end ne l’était pas non plus, je ne vais pas continuer à me plaindre plus longtemps.
Surtout que d’autre opportunités ne sont pas du tout manqués. Plutôt que de perdre trop de temps à laisser Hank tourner de nouveau autour de Sarah, les scénaristes nous les foutent directement dans le même lit et parviennent à nous faire oublier Jason Ritter en si peu de temps que j’en viendrais presque à les pardonner de nous avoir ennuyer aussi longtemps avec ce triangle amoureux. Soyons honnête : je n’ai pas envie de voir Sarah avoir un nouveau petit ami que l’on ne connaît pas, je ne veux pas la voir trop longtemps seule non plus alors Ray Romano fera l’affaire car il est quand même super attachant (et s’intègre à merveille à la famille, surtout avec Max !). Maintenant, il faut juste qu’il rejoigne le cast régulier pour que je sois satisfait.
Sinon, on a de très belles choses, toutes simples, en ce qui concerne Crosby et Jasmine et leur désir d’enfant, ou Julia et Joel qui doivent faire face à l’inévitable découverte de la vérité concernant le Père Noël. Même si l’hallucination de Victor à la fin était too much (dans une fin déjà bien chargé en bonnes émotions), le discours de Zeek était parfait. Et Craig T. Nelson est le vrai héros de l’épisode. Je suis heureux que la dispute entre Amber et Ryan n’ai pas duré plus longtemps. Malgré son côté un peu prévisible, elle aura au moins permis à Mae Whitman et Matt Lauria de nous offrir une belle performance et de prouver leur alchimie.

Allez, j’arrête de souhaiter la mort des gens et je remercie la Katims Team pour ce beau cadeau. En espérant que cela devienne un rituel qui dure des années. D’accord, NBC ? Maintenant, je n’ai qu’une hâte : que l’on soit en janvier pour tous les retrouver.


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