6.06 For Immediate Release


"Have A Seat, Shut The Door" est probablement mon épisode favori de Mad Men. Disons plutôt qu'il figure en bonne place dans mon classement personnel. La série excelle dans l'étude de personnages et dans la contemplation, mais quand elle nous surprend en bouleversant la routine sans prévenir, c'est toujours très excitant. Toute la maitrise des scénaristes et la classe de l'univers se mettent alors au service d'un tour bien huilé, où les personnages excellent à ce qu'ils font et réalisent un plan impeccable sous nos yeux ébahis. 

Mais avant d'en arriver là, c'est encore mieux si on a un sentiment de chaos, l'impression que tout le monde est au bout du rouleau et que le monde s'effondre. "For Immediate Release" prend donc bien le temps d'enchaîner les mésaventures pour bien nous montrer que SDCP est dans une merde pas possible. Ainsi, Don et Roger ont le champ libre pour retomber gracieusement sur leurs pattes, sauvant ainsi la mise et Ted Chaough. C'est passionnant à regarder et la décision de fusionner les deux formes vraiment surprenante. Même si je soupçonne Matthew Weiner d'avoir plagié la troisième saison de The Office avec Peggy dans le rôle de Jim et Don dans le rôle de Pam. 

Cette revenche de la part des petites compagnies est donc remarquable et on a presque envie d'applaudir Don tellement ça promet pour la suite. Mais là où Mad Men est génial, c'est qu'on réalise à quel point cette petite victoire entraîne un tas de dommages collatéraux. Au bout de six saisons, on a tellement été amené à en vouloir à Don puis à le pardonner, que l'on oublie parfois où on en est avec le héros de notre série. Dans la plus belle scène de l'épisode, Joan nous le rappelle avec une tirade bouleversante. 

Et si Joan a payé le prix fort, elle n'est pas la seule à vivre dans l'ombre de Don et de ses choix. Comme on a pu le voir dans le season premiere et depuis déjà longtemps, ce dernier est tellement proche de la mort qu'il agit sans cesse comme un électron libre car c'est sa seule manière d'avancer. Dès qu'il s'enferme dans une routine, il préfère fuir ou détruire que d'affronter ses responsabilités. Il existe dans le chaos. Sauf qu'en vérité, et contrairement à ce qu'il croit, il n'est pas seul. Joan s'est offerte pour Jaguar et il avait beau jouer les preux chevaliers à l'époque, Don ne semble pas y avoir réfléchi ce coup-ci. Peggy a vécu dans son ombre pendant des années et alors qu'elle acquière enfin son indépendance, elle va se retrouver de nouveau aux ordres de son étouffant mentor. Et elle doit en plus de ça écrire une annonce à ce sujet...

Quand à Pete... Ah, Pete Campbell... En jouant avec la règle de l'auto-destruction, Pete se retrouve en position de kamikaze. Et même si on peut lui reprocher un tas de choses (ce moment où il se faufile dans le lit de Trudy... dont il flirte ouvertement avec Joan...), Vincent Kartheiser parvient une nouvelle fois à nous le rendre presque attachant, à avoir de la pitié pour lui. Il est également une victime de Don, depuis le début. Il a beau avoir combattu Lane en duel ou jouer au plus malin avec Roger, c'est Don le responsable de ses frustrations. Et il est temps qu'il fasse entendre sa voix. Heureusement, c'est Joan qui a pris la parole. Et peut-être que ce sera Megan la prochaine fois. Ou son voisin. 


Cet épisode prouve en tout cas que Mad Men sait toujours varier les points de vues et nous donner à voir toute la complexité de ses personnages. Quand elle le fait et en profite pour bousculer la routine et nous offrir un twist aussi réjouissant, c'est juste parfait. 

P.S. : Par contre désolé, mais je ne pourrais jamais m'habituer au français minable de la mère de Megan. Le personnage est intéressant mais ce gros détail me gâche tout...

Commentaires

Articles les plus consultés