9.21 Livin' The Dream

À trois semaines de la fin, The Office nous pond un épisode à rallonge très étrange.


Par où commencer ? Et bien finissons-en avec le cas Andy Bernard, tiens. À une époque pas si lointaine, Ed Helms était une valeur sûre de la série. Il me faisait rire quasiment à tous les coups et mis à part ses fiancailles ratés avec Angela, j'avais suivi son évolution de carriériste colérique à doux excentrique romantique entre la troisième et la septième saison avec un plaisir sans cesse renouvellé. Il était parfait dans le rôle du second couteau, de la wild card et c'était une grave erreur que de le nommer manager suite au départ de Steve Carrell. Une grosse erreur que de vouloir le transformer de manière forcée en Michael 2.0. lors d'une huitième saison qui a trimballée le personnage dans tous les sens. Plutôt que d'assumer ce choix, les scénaristes ont préféré donner plus d'ampleur à Robert California. Plutôt que de prendre au sérieux Andy, ils l'ont décrédilisé sans aucune rédemption possible. Devenu schizophrène et irrécupérable, le Nard Dog est apparu tout au long de cette neuvième saison comme l'antagoniste principal. Avec lequel on a perdu beaucoup de temps. Et qui ruine une bonne partie de cet épisode.

Vous pouvez interprêter la photo ci-dessus comme vous le souhaiter : Andy qui chie sur la voiture de David Wallace. Ed Helms qui chie sur la voiture de Greg Daniels. Ou Greg Daniels qui chie sur la série. Si Andy avait pris le départ il y a deux ans, l'émotion aurait été au rendez-vous. Le rire aussi probablement. Ici, aucun des deux. Même pas de pitié. On se retrouve exactement comme les employés qui défilent devant la caméra pour rabâcher à quel point Andy est devenu un looser déprimant qui commet la plus grosse erreur de sa vie mais peu importe. De manière très cruelle, les scénaristes nous forcent à assister en boucle à un départ dont tout le monde semble se foutre. Et le problème avec la connerie d'Andy 2.0. (je vais l'appeler comme ça pour ne pas oublier le Andy que j'aimais), c'est que c'est contagieux. Du coup, Andy Wallace devient à ses côtés un directeur d'entreprise à l'indulgence surréaliste. Du coup, il est impossible de prendre ces décisions aux sérieux. Du coup, sa décision de nommer Dwight en tant que manager a un impact amoindrie.

Putain, je crois que je n'avais jamais vu un personnage aussi mal traité qu'Andy. Dans aucune autre série. C'est honteux. Impardonnable. Et rejouer de nouveau avec nos sentiments de la manière la plus facile et paresseuse possible, avec ce morceau tire-larmes sorti de nulle part, c'était pas cool. Car Andy part et je ne ressens rien. Même pas du soulagement en vérité. Adieu Andy 2.0. et bon courage à Ed Helms pour se remettre de ça. Je serais lui, je porterais plainte contre Greg Daniels, qui a royalement foiré son coup. 

Tout comme avec ce qu'il a fait endurer à Jim et Pam durant cette saison, tout ça pour les réconcilier lors d'une scène précipitée et forcée la dernière fois et nous coller des tartines pas du tout naturelles de JAM dans cet épisode. J'ai l'impression qu'on a demandé à Krasinski et Fisher d'essayer de recréer l'ambiance de flirt des débuts. Très bien. Sauf qu'au lieu de trouver ça mignon, j'ai eu l'impression de voir une parodie. Greg Daniels se fout de notre gueule. Quand il oppose le couple à celui formé par Erin et Pete, que veut-il nous dire ? Quand Toby souligne à quel point tout cela est écoeurant, est-ce quelque chose à prendre à la légère ou un message de la part des scénaristes ? Je ne comprends plus rien. C'est foireux. C'est mal écrit. C'est raté. Et même si je ne ressens plus rien concernant Andy, je suis très triste quand ce phénomène d'écriture paresseuse touche mon couple favori au monde. 

Alors que retenir de cet épisode ? De ces longues minutes bancales ? Un Michael Imperioli qui n'a vraiment rien à foutre ici et qui devrait sérieusement penser à renvoyer son agent ? Non, ce qu'il faut retenir, c'est Dwight K. Schrute, manager. C'est pas la première fois qu'on nous fait le coup mais cette fois, c'est la bonne. Et c'est plus que mérité. Même si je n'ai pas aimé "The Farm" et que son escapade récente avec Stanley ou sa romance avec la fermière blonde ne m'inspirent que du dédain, j'ai beaucoup d'affection pour Dwight en ce moment. Du moins, il me semble dans cet épisode qu'il arrive à l'âge de la maturité. Et je n'ai pas pu m'empêcher d'être sincèrement ému lorsqu'il prend la défense de Pam, savoure sa victoire avec Jim et crie sa joie de voir enfin réaliser son vieux rêve. Daniels aura au moins su rendre hommage à un autre couple phare de la série : Jim et Dwight. Même si tout cela arrive au beau milieu d'un immense foutoir, c'était satisfaisant. 


Et j'ai même de l'affection pour Angela. Si son intrigue ne méritait franchement pas d'être étiré sur quarante minutes, c'est intéressant de voir une autre facette d'un des personnages les plus caricaturaux de la série. Sa réconciliation avec Oscar faisait chaud au coeur et je lui souhaite de reconquérir Dwight (ce qui aurait dû arriver une saison plus tôt et qui va sans aucun doute arriver d'ici la fin). De bonnes intentions mal exécutés, mais de bonnes intentions quand même. 

Mais le plus gros problème de cet épisode réside donc dans son format. Il devait à l'origine durer vingt minutes et fut doublé à la dernière minute. Peut-être que sous une forme plus ramassée, il aurait pu fonctionner plutôt que de manquer autant de rythme et d'étirer très maladroitement des intrigues qui ne le méritaient pas forcément. Peut-être que la série aurait dû s'arrêter sur l'image de Creed debout sur son bureau criant "CREED BRATTON OFFICE MANAGER". Peut-être. Plus que deux épisodes. Y a du boulot. Et je m'excuse pour cette chronique à rallonge, mal foutue et maladroite, à l'image de l'épisode en question. Je ne peux m'empêcher de laisser l'émotionnel prendre le dessus. Il y a encore une partie de moi qui espère que le series finale sera à la hauteur et un amour inconditionnel qui m'empêche de prendre du recul. Mais ne vous inquiétez pas, c'est bientôt la fin.

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