Bilan Saison 1

Dans le podcast publié récemment (et pas de d'inquiètude, on va en faire un autre et il sonnera beaucoup mieux), j'expliquais que j'aimais savourer mes séries selon un rituel. Ou plutôt, des rituels et chacune d'entre elle a le droit à un traitement différent. Mad Men, c'est souvent le lundi soir vers 21h, avec des pâtes et du vin. The Office, c'est le vendredi dans l'après-midi. Frasier, c'est juste avant d'aller me coucher. Je ne saurais pas expliquer ça autrement que par un comportement obsessionnel compulsif qui méritait une sorte de traitement. 


The Americans a donc elle ausi eu le droit à son rituel. J'ai regardé son pilote alors que je passais le week-end chez ma mère. Le suivant alors que j'étais hebergé sur Paris par un ami. Les autres alors que j'étais à Rennes pour faire le montage de BILLY avec Aurélien. Le drama de FX est donc devenu très rapidement ma "série de déplacements". Que je regardais souvent tard, avec mon casque sur les oreilles, pour ne pas déranger ceux qui m'hébergaient. Vous vous en foutez très certainement mais je tenais à le préciser car c'est aussi comme ça que je me souviendrais de cette première saison, c'est aussi comme ça qu'elle a su me marquer, malgré elle. 

Et aussi parce que c'était vachement bien. J'entends beaucoup de camarades se plaindre du fait que la série ne les rend pas accro. Qu'ils ont du mal à vouloir enchaîner avec l'épisode suivant. Que c'est très bien foutu mais qu'il lui manque quelque chose. Je suis à peine d'accord. Ou plutôt, je pense que l'aspect addictif ne devrait pas faire partie des attentes, même sur FX où The Shield ou Justified nous ont habitués à ça. The Americans évolue à son propre rythme et dès le pilote (dont j'avais déjà parlé ici), impose avec beaucoup d'assurance un univers bien à elle. Un univers certes assez sombre et hermétique, mais après tout, il est ici question de la guerre froide et d'espionnage. 


On a là un bel exemple de première saison qui ne fait quasiment pas un faux pas et mène sa route et les enjeux de ses personnages à bien jusqu'à la dernière minute. C'est très solide et maitrisé du début à la fin. Le travail sur l'écriture et la réalisation sont exemplaires, tout comme la performance des acteurs. Je n'avais jamais vu ni Matthew Rhys ni Keri Russell auparavant (Brothers & Sisters et Felicity me sont passés au-dessus de la tête) et ils m'ont hypnotisés avec ou sans perruques, aussi bien en agents doubles qu'en couple au bord du divorce. Même chose pour Noah Emmerich, une découverte pour moi et une présence aussi inquiétante que rassurante pour un personnage qui gagne en complexité à mesure que son enquête avance. Et le reste du cast n'est pas en reste, avec par exemple une Margo Martindale toujours à la limite du cabotinage mais qui ne tombe jamais dedans. Même les gamins jouent bien, ce qui devient rare. 

Et même si elle est ultra-solide, la série ne cesse de surprendre, de trouver de nouvelles couleurs au détour d'un épisode plus mélancolique, d'un autre plus contemplative ou d'un autre basé sur l'action. Souvent, elle mélange tout ça à la fois et ça donne des épisodes aussi puissants que "The Clock", "Safe House" ou "Only You". Ca donne des intrigues aussi bouleversantes que le faux mariage entre "Clark" et Martha ou que la manière dont Nina doit se retourner contre Stan, pour ne citer que deux exemples.


En explorant certains territoires déjà défrichés par d'autres séries, The Americans parvient à raconter quelque chose de nouveau, à sa façon. Une histoire d'espionnage, l'histoire d'une époque et surtout des histoires d'amour, où chaque personnage aura eu l'occasion de briller par sa densité. Dès le pilote, je me demandais ce que la série pourrait bien raconter sur le long terme, si une deuxième saison ne serait pas une erreur digne d'Homeland. Au final, je suis ravi de la décision de FX et je serais au rendez-vous l'année prochaine. Mais sûrement en déplacement...

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