Les 50 meilleurs épisodes [4/5]

Suite d'un classement hautement subjectif où je me permets même de citer moi-même mes vieilles chroniques si je les trouve toujours adaptés. Je vous rappelle également que j'attends vos hommages pour ceux qui veulent dire adieu à Dunder Mifflin et être publié dans ces pages. À bon entendeur...

20) S05E13 Stress Relief

Pour l'instant, j'ai beaucoup axé ce top 50 sur les moments de la série qui m'ont émus ou que j'admirais pour leur audace scénaristique, pour leur créativité. Mais je n'oublie pas que The Office pouvait aussi offrir tout bêtement des moments de pure comédie. Des trucs pas très fins mais qui me faisaient rire à gorge déployé. Des trucs caricaturaux mais juste assez pour ne pas virer à l'excès. "Stress Relief", c'est de l'excès très bien maitrisé. Diffusé le soir du Superbowl, c'est un gâteau très sucré, destiné à rameuter un tas de nouveaux spectateurs et, du coup, à raconter une histoire presque hors-série, une sorte de best-of ou de clip-show qui n'en est pas vraiment un. Un festival Michael Scott, un cold-open épique où le chaos prend le dessus, un générique où l'on retrouve pour la seule et unique fois l'intégralité du cast, un rythme assez effréné malgré la longueur de l'épisode. Bref, un épisode aussi idiot que divertissant (franchement débile aussi quand Jessica Alba et Jack Black se tapent l'inscruste) et qui méritait de figurer au classement. Peut-être pas aussi haut mais je viens juste de le revoir ce cold-open et j'ai pas pu résister ! 

“You know sometimes, to get perspective, I like to think about a spaceman on a star incredibly far away. And, our problems don’t matter to him, because we’re just a distant point of light. But he feels sorry for me, because he has an incredibly powerful microscope, and he can see my face. I’m okay. No, I’m not.” (Michael)


19) S04E09 Dinner Party

Avec "Dinner Party", on est à peu près dans le même registre : une grosse blague, qui mise principalement sur Steve Carrell et l'absurde. Un vaudeville filmé sous la forme d'un documentaire et presque un hors-série (car à l'époque, c'était encore pas si courant de s'éloigner autant de Dunder Mifflin). La première fois que j'ai écris sur la série ici, c'était au sujet de cet épisode, qui marquait la fin de la grève des scénaristes. Du coup, j'étais un peu déçu, j'avais trouvé le tout drôle mais pas assez fin, je voulais voir mes personnages vendre du papier, pas jouer au dîner de cons. Depuis, je l'ai revu pas mal de fois et je peux vous dire que malgré son manque de finesse, c'est un délice de connerie et de répliques cultes. J'aurais payé cher pour être sur le plateau et contempler Steve Carrell refaire ses prises, en particulier celle où l'on découvre ses multiples vasectomies. "Dinner Party" marque la chute de Jan Levinson et aussi over-ze-top que sont ces vingt minutes, il y a de quoi se marrer comme un con quasiment non-stop. Et comme avec "Stress Relief", c'est aussi pour ça que je regarde la série. Elle n'est jamais à son meilleur que lorsqu'elle trouve l'équilibre doux amer qui a fait le charme des premières saisons mais elle peut aussi exceller dans la comédie pure et dure. Il m'arrive encore de fredonner la chanson de Hunter... Le seul truc dommage, c'est que ce genre d'épisodes a ouvert la voie à beaucoup de trucs n'importe nawaks par la suite. 

"My ideals at a party? Easy. Jim. Pam. Ryan. The Mayor. Barack Obama. Shiloh Jolie-Pitt. Because at the end of the night, Brad or Angelina would have to come and pick him up and I would get to meet them. Shia La Beef because of Disturbia. Umm, all of the children of the world. Val Kilmer. But he probably wouldn't come, too famous. Obviously George Clooney. Umm... And Jan definitely, if there was room." (Michael, dans une scène coupée)


18) S03E17 Business School

Parfois, ce sont des scènes, des petits moments, qui rendent un épisode entier mémorable. Je ne retiendrais pas "Business School" pour la réalisation de Joss Whedon, pour l'intrusion d'une chauve-sourirs à Dunder Mifflin ou l'intervention de Michael à l'école de commerce de Ryan. Tout cela est très bien mais le plus mémorable, c'est Pam qui prend Michael dans ses bras. En quelques secondes, on ressent tout l'amour du monde pour notre chère réceptionniste et ses petits dessins et pour ce bon vieux Michael qui, même s'il n'a pas une vision très pertinente de l'économie, reste quelqu'un de foncièrement bien, quelqu'un qui désire beaucoup d'attention mais qui sait aussi, comme tout grand enfant, offrir gratuitement de l'amour aux autres. Sa réaction face au dessin de Pam et la fierté avec laquelle il l'accroche sur le mur du bureau m'avais mis les larmes aux yeux. Jusqu'au départ de Michael, sa relation avec Pam a toujours été l'occasion de scènes très fortes (puisqu'on est dans le name-dropping, citons également "Lecture Circuit" ou la Michael Scott Paper Company). Dans la même catégorie, j'aurais pu citer la gentillesse de Dwight face à Pam dans "Back from Vacation", j'aurais pu citer Jim qui partage un verre avec un Michael retrouvé seul au monde dans sa chambre d'hôtel dans "The Convention" ou la manière dont tout le monde empêche Michael de se suicider dans "Safety Training". La troisième saison est truffé de moments comme ceux-ci, où les personnages sont sincères et où on les aiment infiniment. 

"Oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God.." (Kelly Kapoor)


17) S03E08 The Merger

Scranton est génial. Stamford est génial. Alors forcément, quand les deux fusionnent, ça donne un épisode génial. Tout à fait à la hauteur car excitant du début à la fin. Forcément, on attend de voir comment Michael va réagir face à un nouvel employé afro-américain, un obèse et une mère célibataire. On attend de voir à quoi vont ressembler les retrouvailles entre Jim et Pam. Comment l'énergie d'Andy va se confronter à celle de Dwight. C'est la fusion de deux univers et c'est explosif, ouvrant un nouveau champ de possibilités énorme pour la série, qui saura en exploiter tout le potentiel tout au long de la saison, s'amusant même à parioder un slasher-movie avec les nouveaux employés. "The Merger" est surtout un épisode très drôle, en particulier si l'on aime être embarrassé. Car la scène où Michael célèbre ses nouveaux employés est hautement embarrassante, un must !

"The Japanese camp guards of World War II always chose one man to kill whenever a batch of new prisoners arrived. I always wondered how they chose the man who was to die. I think I would have been good at choosing the person." (Dwight)

16) S02E04 The Fire

On parle beaucoup de la récente schizophrènie d'Andy mais je dois avouer que celle de Dwight m'a longtemps attristé. Dès le début, Rainn Wilson nous proposait à la fois un fermier autoritaire carriériste à souhait et un grand enfant un peu nerd et lunaire. Cet équilibre faisait de lui un personnage unique à la télévision, aussi drôle qu'attachant, qu'il soit en oppositin avec Jim, dévoué à Michael ou amant d'Angela. Et je crois qu'à partir du moment où Angela a rompu avec lui pour la première fois et qu'il a pleuré dans les bras de Jim dans "Money", les choses ont changés. Tout comme Dwight absorba son l'embryon de son jumeau à la naissance, c'est le fermier autoritaire carriériste qui a pris le dessus. Si j'aime autant "The Fire", c'est que, tout comme "The Injury" ou "Dwight's Speech", il est à l'honneur de ce Dwight que je préférais, celui qui écoutait R.E.M dans sa voiture pour se consoler des abus de Michael, celui qui reprenait un classique de Billy Joel pour humilier Ryan, celui qui sautait de joie en voyant arriver les pompiers, celui qui parlait d'Harry Potter avec des étoiles dans les yeux. Je l'aimais ce Dwight et je suis un peu triste d'avoir perdu sa trace au fil des saisons. "The Fire" est également l'épisode qui tire le mieux parti de Ryan Howard, qui enchaîne les répliques cultes pour Michael et continue de jouer avec nos petits coeurs concernant JAM (ah, Amy Adams...). La série trouve ses marques et signait son deuxième épisode parfait, juste après "The Dundies". 

"Ryan is book smart. And I am street smart. And book smart." (Michael)


15) S03E13/S03E14 Traveling Salesman/The Return

Et on continue de chanter les louanges de Dwight K. Schrute avec un double épisode qui nous fait réaliser, tout comme à Michael, à quel point on l'aime et à quel point il nous manquerait s'il venait à quitter son poste. Car là aussi, son côté enfantin est bien équilibré avec son aspect plus carrièriste et cela lui joue des tours, surtout quand le Nard Dog s'en mêle. On suit donc en parralèle la chute de Dwight et l'ascension d'Andy, puis l'inverse. Avec un Michael en retrait, dont l'excentricité habituel semble tout à fait normale à côté de celle d'Andy. Avec un triangle amoureux Jim/Pam/Karen qui fonctionne à merveille en évitant les clichés du genre. Avec des combinaisons innatendus (Ryan/Stanley ou Karen/Phyllis) et des retournements de situations en tout genre. Tout s'enchaine avec un rythme endiablé, les moments mémorables sont légions (le départ de Dwight, l'explosion de rage d'Andy) et je fais d'une pierre deux coups en citant ces deux épisodes légendaires dans ce classement, rappelant ainsi le génie créatif des scénaristes lors de cette période bénie. 

"I miss Dwight. Congratulations, universe. You win." (Jim)



Je me souviens que ce jour-là, NBC nous avait proposé deux épisodes durant la même soirée. Deux épisodes synonymes de changements et d'un renouveau bienvenue lors d'une cinquième saison très sympathique mais un peu inégale. D'abord, Idris Elba (The Wire, Luther) était venu s'installer à Scranton. Ensuite, Michael avait démissionné. Et finalement naquit la Michael Scott Paper Company. Probablement la meilleure idée des scénaristes depuis la fusion avec la branche de Stanford. Je le disais récemment en évoquant la quatrième saison de The Good Wife : rien de plus excitant à mes yeux que de voir des personnages repartir à zéro et faire équipe pour transformer leur deséspoir en créativité. Le trio Michael/Pam/Ryan était aussi innatendu que parfait (ce cold open avec le lancer de gâteaux apéro !) et j'ai rarement autant aimé ces trois-là que lorsqu'ils partageaient cet étroit bureau dans le sous-sol sous les canalisations du bâtiment. Je cite cet épisode mais l'arc entier est une merveille car c'est aussi l'occasion de voir Dwight former une alliance avec Jim ou avec Andy. Bref, c'est la période où les scénaristes carburent à fond pour exploiter le potentiel de chacun et nous raconter quelque chose de vraiment neuf et excitant. Je me souviens de ce jour-là et de ce printemps synonyme de renouveau pour ma chère série. Ci-dessous, la vidéo du fou rire qui inaugurait cette nouvelle ère. 

"P is being a giant B." (Michael)

13) S05E23 Broke

Et la force de la Michael Scott Paper Company, c'est qu'elle a su s'arrêter pile au bon moment, juste avant que ça ne devienne poussif ou moins excitant. J'étais triste de voir notre trio de génie se séparer mais "Broke" était tellement réussi que je n'avais pas vraiment de raison de me plaindre. En vingt minutes, le rêve de Michael prend réalité puis s'effondre. Et c'est à ça qu'on assiste : à la chute d'un empire, à la fin d'un spin-off qui aura su donner un souffle nouveau à l'ensemble. C'est drôle, émouvant, finement écrit et pleinement satisfaisant. Pour autant, les scénaristes ne reviennent pas à un complet status-quo puisque Pam quitte la réception (dommage de ne jamais avoir réussi à la rendre crédible en vendeuse par la suite) et que Michael... Non, Michael reste le même. Et c'est comme ça qu'on l'aime. Le pied fermement posé sur le bureau, soulagé de récupèrer son royaume. C'était une belle aventure et tous ceux qui prétendent que la série n'a plus d'intérêt après la troisième saison font une grave erreur. 

"There are certain defining moments in a person's life. The day he is born. The day he grows hair. The day he starts a business. And the day he sells that business back to Dunder Mifflin. What have I learned from all of this? It is far too early to tell. I just know that I am flying high and I don't even want to think about it. I just want to enjoy it." (Michael)


12) S02E09 E-Mail Surveillance

Je suis tombé amoureux de The Office avec "E-Mail Surveillance". Je ne suis pas certain qu'il s'agisse dans la mémoire collective d'un épisode aussi mémorable que dans la mienne de mémoire. Si la première saison m'avait intrigué et que j'étais convaincu depuis "The Dundies" d'avoir affaire à quelque chose d'unique, c'est vraiment ici que j'ai su que j'allais suivre les employés de Dunder Mifflin à la vie à la mort, jusqu'à ce que NBC les retirent de ma vie. Bien que très drôles, ce ne sont pas les cours d'improvisation de Michael qui m'ont fait réagir ainsi. Bien que cute à en mourir, ce n'est pas Jim qui fait visiter sa maison à Pam ou bien les prémices de la relation entre Dwight et Angela. Non, le déclic a eu lieu lorsque Jim prend pitié pour ce grand gamin de Michael et le rejoint au karaoké pour chanter le classique "Islands In The Stream". C'était drôle, juste, touchant. C'était le coup de foudre et la déclaration d'amour éternel pour ce joli petit monde. 

"Just because two people are hanging out, it doesn't mean that they're together, you know? Like people can just be friends. And I think that it was really unfair to think that there was anything else going on." (Pam)


11) S03E07 Branch Closing

Même si Mad Men vient de plagier le concept, c'était vachement osé à l'époque de nous offrir un tel twist aussi tôt dans la saison. Alors qu'on commence à peine à vraiment s'attacher à l'équipe de Stamford et qu'un nouveau status-quo sympathique s'installe à Dunder Mifflin, les scénaristes dynamitent tous leurs efforts le temps d'un "Branch Closing" haletant. Et pour cela, rien de tel que de revenir aux sources et d'utiliser la menace qui nous pendait sous le nez depuis le pilote : le downsizing. D'un côté, on nous offre le meilleur du duo Michael/Dwight. De l'autre, des retournements de situations à la pelle. Et une ambiance de chaos dans laquelle la série a toujours su être magique. Alors que chacun fait le point sur sa vie et imagine le futur, la roue tourne et nous y voilà toujours six ans plus tard. Un épisode charnière, décisif et excellent. Et je ne sais pas si je vous l'avais dit avant, mais la chose qui me fait rire à coup sûr, c'est Steve Carrell qui pleure. Lorsque Michael annonce en chialant et en mode drama queen que sa branche va fermer, je me suis pissé dessus... 

"Well for a minute there, I saw myself selling my house, moving to Costa Rica, learning how to surf. But, Costa Rica will still be there. When I'm 65." (Toby)


Rendez-vous la semaine prochaine pour la fin de la série et de ce top 50 !

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