1.01 Valises


Distribution : François Hervouët (ZIM), Margot Chevalier (LOUISE), Adrien Morel (SERGE), Antoine Philias (PABLO), Marc Jamin (PAPA) et Julie Amand (MADEMOISELLE).

Making-of : Voilà, on y est. Il aura fallu beaucoup beaucoup de temps pour que je vous présente enfin ZIM et comme je suis pas connu pour ma patience, c'était parfois vraiment dur. La genèse du projet est simple mais la mise en route du projet fut compliquée. J'ai écris ce premier épisode au beau milieu du tournage de BILLY, lors d'un rare weekend de repos. Dans la ferme où l'on logeait, il ne restait alors qu'Adrien (Henry à l'époque, Serge ici) et moi et tandis que ce dernier faisait la cuisine ou taillait son fidèle bâton, j'ai pris mon ordinateur et j'ai commencé à penser à la suite, en me disant qu'il fallait tout de suite se relancer dans une aventure et essayer d'embarquer un maximum des gens là-dedans. En une soirée, c'était bouclé. Tout comme avec BILLY, l'écriture était rapide parce que j'avais ça en moi depuis longtemps. D'autant plus que cette fois, c'est de l'auto-fiction, ça raconte plus ou moins ma vie donc c'était pas dur d'accoucher du script. 


Quelques semaines après la fin du tournage, on a donc commencé à tourner les premières scènes de "Valises" et durant toute l'année 2012-2013, on se réunissait régulièrement, le weekend à Angers, pour tâcher d'avancer. Moi, je continuais d'écrire la saison, 10 épisodes en tout et on filmait ça dans le désordre selon les disponibilités de chacun. Car, contrairement à BILLY, tout le monde était éparpillé, d'Angers à Nantes en passant par Rennes et Paris. Après m'avoir accompagné sur BILLY, Aurélien a accepté de nous prêter du matériel, de tenir la caméra et de superviser la technique quand il pouvait. Mais l'ESRA, son école de cinéma, lui prenait beaucoup de temps et il avait déjà la tête dans ses projets à lui, ce que je ne peux en aucun cas lui reprocher (je l'ai fais à l'époque, un peu bêtement, mais je suis un peu con). Grâce à une sorte de bon timing, c'est le moment qu'ont choisi Gibet et Lune (Garrett et Sarah dans BILLY) pour emménager à Angers et me prêter une indispensable main forte, à tous les niveaux. En septembre 2013, un an après le début du tournage, on a donc retourné toutes les scènes de ce premier épisode, pour que François (ZIM) ait toujours la même gueule et pour que j'obtienne vraiment ce que je voulais. Sauf qu'ensuite, j'ai eu un travail qui m'a pris un temps fou et qu'en prenant la logistique un peu à la légère, j'ai fini par retarder le tout. Après plusieurs heures enfermés dans une salle obscure, Gibet et moi venons enfin de finaliser le montage et après des galères pas possible pour le mettre en ligne, voilà "Valises" devant vous, enfin. 

Le risque, c'était que l'équipe se démobilise et que je me lasse du projet. Heureusement, me voilà encore plus motivé qu'avant et je peux compter sur mes amis pour ne pas me laisser tomber. Moralité : être patient, c'est dur, savoir s'entourer, c'est précieux. 


Le résultat : Au final, je suis content du résultat. ZIM est, comme je vous le disais, de l'auto-fiction. Une chronique de tout ce qui me passe dans la tête ou qui s'est passé en vrai dans ma vraie vie, mais romancée et mêlé à mes influences et envies scénaristiques et visuelles (ou au hasard). Un peu comme 103FM, mon premier projet, avec un peu plus de bouteille mais toujours ce côté fauché et amateur qui ne me dérange pas (pour l'instant). Mêlé aussi à ce que chaque comédien apporte à son personnage, avec en tête François, qui a bien évolué depuis BILLY et qui livre ici sa meilleure prestation (selon moi). Je l'aime d'amour tendre et je suis heureux qu'il m'incarne, surtout qu'il a fini par s'incarner lui-même et que je continue de croire en lui et qu'il continue de croire en moi et que c'est important cette confiance et ce travail sur la durée.

On retrouve également Adrien, dans un rôle sur mesure et inspiré par un véritable sans-abri qui "anime" les rues d'Angers. Il y a apporté son grain de folie, son côté aérien et il sera une "wild card" essentiel au récit par la suite. J'incarne de nouveau le sidekick, qui a cette fois les traits d'un colocataire musicologue et affectueux plutôt que celui d'un mexicain alcoolique et paresseux (mais avec toujours un prénom hispanique, me demandez pas pourquoi). J'avais besoin d'être devant la caméra, c'était plus fort que moi. Dans le rôle du père, c'est le shérif William Brady : Marc Jamin, qui vient justement d'être papa il y a peu, et qui est une super présence à avoir sur un tournage et dans une scène. On entend aussi la voix de Sarah, enfin la voix de Julie, enfin la voix de Lune, celle qui pose les questions. Et on accueille Margot Chevalier, le pseudonyme (inspiré par Wes Anderson) d'une nouvelle membre de l'équipe que j'ai recruté pour jouer un mélange de filles que j'ai connu (le premier mélange, il y en aura d'autres) et qui m'a agréablement bluffé. C'est son premier rôle et on dirait pas que c'est son premier rôle (je trouve). J'adore en tout cas son alchimie avec François et j'ai hâte de continuer à filmer ces deux-là (habillés la prochaine fois, promis). Et tout au long de la série, on retrouvera quasiment l'intégralité du cast de BILLY et plein de nouveaux ! 


"Valises" est un premier épisode : il y a donc pas mal d'introduction, de tentatives et d'approximations. Mais si vous tombez pas amoureux tout de suite, laissez à la série le bénéfice du doute car chaque épisode sera bien différent. C'est une chronique, une sorte de Louie mixé à Girls en mode moins bien, avec un personnage central assez détestable mais c'est normal, c'est moi. Ne détestez pas la série, détestez moi ! Je ne vais pas analyser avec vous ce que j'ai voulu dire, je vous laisse regarder et vous identifiez ou pas. Notez quand même que les interviews (vous en faîtes ce que vous voulez, la réalité ou pas, pour moi c'est surtout ce qui se passe dans la tête d'un idéaliste), elles sont inspirés des réponses de Dylan à certains journalistes, lors de la tournée 65-66. Je vous laisse le soin d'imaginer que ça se passe au mois de septembre alors qu'on est en hiver. Oui, j'ai la tremblote quand j'ai une caméra dans les mains. Oui, parfois il y a du vent, une perche à un moment. Je ne veux pas révolutionner le cinéma, je veux juste écrire des histoires attachantes. BILLY se terminait par l'Océan, ZIM s'ouvre sur l'Océan et c'est reparti, j'espère que ça vous plaira ! Et ceux qui me connaissent, j'espère qu'il me reconnaîtront pas trop et qu'il verront ça comme un travail de fiction avant tout. 

Bande-son : Le montage d'ouverture se fait au son d'une ritournelle de Casiotone for the Painfully Alone, un nom à rallonge pour un artiste ultra-sincère et attachant qui sera récurrent dans ZIM. On entend aussi l'harmonica de Dylan furtivement, le dernier single vraiment chouette de Dinosaur Jr. (c'est sensé se passer en septembre 2012 hein...), une reprise d'un vieux classique des années 20 par Neko Case remplacé par un classique de Leonard Cohen et "Here I Am", une ballade qui fait pleurer par Adam Green et Binki Shapiro. 


La prochaine fois : Ce sera au mois de mars si tout va bien et il y aura trois nouveaux personnes, dont Elvis Presley. Sans déconner. 

D'ici là, j'attends vos retours avec impatience !

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