DylanesqueTV S07E01

COLD OPEN / Angers, septembre 2014. Il y a du monde dans l'appartement, des amis entre deux logements et mon chat a bien envie de m'embêter. C'est donc terré sous la couette, un casque abîmé collé aux oreilles et en sueur parce que l'été indien est trop chaud que je reprends les bonnes habitudes : regarder des séries. Et probablement pour la dernière année (mais c'est pas sûr car je fais surtout ça pour le buzz), il faudra en parler sur ce blog. Pas de manière systématique comme j'ai pu le faire quand j'étais jeune et fougueux mais plutôt selon l'envie et quand ce sera plus fort que moi. Afin d'instaurer un minimum de régularité pour le minimum de fidèles qui me suivent encore, cette "rubrique" quasi-hebdomadaire est de retour et inaugure la septième saison de la télé selon Dylanesque.


Où je parlerais à la troisième personne, où je bâclerais des analyses qui n'en sont jamais avec passion et fautes de syntaxes. Où j'aurais parfois un train d'avance mais souvent un train de retard. Au coeur de la nuit, avec le chat qui commence à me fatiguer, les amis qui roupillent dans le salon et la chaleur qui m'écrase, je relance la machine et vous souhaite une belle saison. Même si c'est peut-être la dernière sous cette forme là, ce sera pas forcément la dernière, sauf si on meurt tous. Dans ce cas-là, laissez-nous au moins voir la fin de Mad Men, putain...

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Masters of Sex S02E09 Story Of My Life / Là aussi, j'entends des critiques que je ne comprends pas forcément : intrigues qui tournent en rond, structures malines qui cachent la misère et une Libby bien relou. Bon, pour Libby, je peux comprendre qu'on s'impatiente et que sa découverte de la communauté noire laisse perplexe. Mais cet épisode laisse présager qu'elle a un vrai rôle à jouer à la périphérie du duo Bill/Virginia et son amitié avec l'amante de son mari donne lieu à des scènes vraiment captivantes, sans que ce soit trop prévisible (même si on connait l'issue de ce mariage condamné). Alors non, franchement, Masters Of Sex continue d'être une réussite et a particulièrement brillé avec "Blackbird" où l'agonie de Lillian était bouleversante et surtout "Asterion", à la structure inventive et couillu, qui nous fait traverser le temps avec un beau sens de la narration. Michael Sheen ajoute peu à peu des nuances à un Bill Masters qui fait un pas en avant et deux pas en arrière aux contacts de ses proches et lorsqu'il est confronté à son passé et son actuel problème d'impotence. Et Lizzy Caplan continue d'incarner le meilleur personnage à la télévision, mon préféré en tout cas cet été.


Les premiers pas de Virginia dans la psychologie permettent d'avoir une nouvelle approche du sujet phare de la série et de créer de nouveaux conflits autour de son duo principal. Betsy Brandt est particulièrement émouvante dans son intrigue, Christian Borle a livré un monologue pas très subtil mais joliment joué et, de manière générale (à l'exception d'un Austin devenu presque obsolète et d'une Sarah Silverman qui a disparue), les petites histoires des personnages secondaires ont tous leur place dans la grande histoire d'une série évoluant à son rythme et ne reposant sur aucuns lauriers. Elle n'a pas peur d'explorer toutes sortes de pistes et quand elle se perd en route, on peut lui faire confiance : elle saura retrouver son chemin. Moi je savoure la route et reste toujours intrigué par le couple Masters et leur univers.

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Manhattan, le pilote

Comme ça se bouscule pas encore au portillon (mais que ça va pas tarder), j'ai voulu profiter de l'été indien pour visionner deux dramas estivales. Le premier est diffusé sur WGN America (oui, moi aussi je connaissais pas) et a peu fait parler de lui mais quand on en parle, c'est souvent en bien alors pourquoi pas. Ca nous raconte le quotidien d'une base militaire où s'élabore la bombe atomique américaine, trois ans avant son lancement sur Hiroshima et Nagasaki. On a des scientifiques, des femmes de scientifiques, des militaires et des politiques. On connait le dénouement mais on s'intéresse aux méandres, à l'éthique et à un monde en mille morceaux. John Benjamin Hickey (le frangin dans The Big C et le magnat des Internet dans The Good Wife) est plutôt convaincant en chercheur déterminé face à un Ashley Zukerman en petit génie torturé par un secret d'état qui le dépasse. Le pilote est assez classique mais tout à fait efficace et lance suffisamment de pistes intéressantes pour que je regarde la suite. Si l'atmosphère claustrophobe est renforcée et que les personnages féminins ne restent pas de simples épouses coincés dans des intrigues de femmes au foyer désespéré, Manhattan deviendra un rendez-vous. Je vois en elle un bon petit drama bien foutu mais si elle veut me surprendre, je l'attends (avec l'ambiance désertique et l'affrontement idéologique, on peut avoir un Carnivale du pauvre peut-être).


Halt & Catch Fire, le pilote

Halt & Catch Fire, c'est une autre paire de manches (si c'est vraiment la dernière année de mon blog, je tiens à en profiter pour placer ce genre d'expressions). La critique n'était certainement pas unanime et quand elle a débuté en juin sur AMC, on a reproché à la série son manque d'originalité, son emprunt maladroit et pompeux aux poncifs du "quality drama", des personnages unidimensionnels et une narration sans éclats, presque soporifique. Suffisamment de mauvais buzz pour que j'aille voir ailleurs. Et puis, à l'issue de la première saison, certains furent plus indulgents, d'autres carrément excités, alors il fallait bien que je juge par moi-même. Comme je n'avais pas de grandes attentes, il y a pas de vrai déception, juste un peu d'ennui devant un pilote qui "fait le job" (présenter la situation, les personnages, leurs enjeux) sans véritable finesse, sans véritable éclats et surtout, sans trop d'âme. Heureusement, j'ai trouvé suffisamment d'intérêt dans le sujet présenté (une équipe de "bras cassés" qui s'unit pour faire concurrence à IBM en pleine course informatique du début eighties) et j'ai suffisamment confiance en cast (notamment Lee Pace qui surjoue gentiment comme il faut) pour regarder au moins l'épisode suivant. Comment ? C'est le pire de la série ? Merde. 


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Amazon, troisième vague

Je suis pas le premier à le dire (je suis rarement le premier à dire les trucs) : Amazon, c'est le bordel. Leur troisième salve de pilote débarque alors qu'on a pas encore pu voir des saisons complètes de la deuxième (celle de Transparent arrive bientôt et celle de Mozart in the Jungle avant Noël et j'avais adoré les deux) et on s'enthousiasme devant des pilotes dont on ne verra peut-être jamais la suite. Rebuté par le très mauvais accueil réservé aux dramas (notamment Hand Of God qui a l'air bien naze), je me suis contenté de visionner ces deux "comédies" (il faudrait soit trouver un nouveau terme moins générique soit arrêté de foutre des étiquettes sans arrêt). Les deux m'ont plu, pour des raisons différentes et sans vraiment retrouver l'excitation de Transparent ou Mozart. C'était juste suffisamment original, surprenant et bien foutu pour convaincre mon cœur de sériphile qui a parfois l'impression qu'on lui sert toujours la même chose.

Mon préféré, c'est Red Oaks. C'est un vrai bonheur de retrouver David Gordon Green, un ancien d'Eastbound & Down, derrière la caméra et Craig Roberts, le héros du film "Submarine" que je vous recommande très fort. Il joue ici un gamin devenant assistant coach de tennis pour un country club de bourgeois et effectue ses premiers pas d'adultes dans un monde d'hypocrisie, de tromperies et de cynisme, tout en gardant sa légendaire tête de Droopy et un touchant vague à l'âme. Ca se passe en 1985, l'univers et les personnages s'installent de manière organique et coloré sans qu'on voit le temps passer, l'image est superbe à regarder et le casting impeccable car on y retrouve aussi Paul Reiser à contre-emploi, Richard Kind dans le rôle du père et un certain Oliver Cooper qui est un Jonah Hill 2.0. déjà très attachant. Tour à tour, la série vous fera penser au meilleur des bons récits de passages à l'âge adulte (de Rushmore à Superbad) et les effets de style toujours au service du propos sont une marque déjà imposé par Green quand il racontait les déboires de Kenny Powers. C'est léger, frais et j'avais exactement besoin de ça. J'espère sincèrement qu'il y aura une suite pour continuer à suivre David dans son apprentissage.


Ambiance différente mais tout aussi légère pour The Cosmopolitans, qui suit les tribulations d'une bande d'expatriés à Paris. Whit Stillman pilote le projet (j'avoue qu'il m'était inconnu jusque là) où on retrouve ce bon vieux Adam Brody (qui ne vieillit pas d'ailleurs), une Chloé Sevigny toujours là quand la caution indé est authentique et un tas d'inconnus avec des accents et des gueules de mannequins. On regarde cette bande bourgeoise bohème discuter, draguer, déprimer comme si on regardait un nouveau Woody Allen co-écrit avec Lena Dunham ou du norm-core avec une photographie d'enfer. Le charme de notre capital, qui n'est jamais mis en avant de la manière dont les américains le font d'habitude, participe quand même à l'attrait du récit. Qui n'est pas d'ailleurs pas un récit mais plutôt de la "hang-out dramedy". Tout le monde est joli et gentiment torturé sans que ce soit jamais trop pris au sérieux. À la sortie du pilote, je ne suis pas certain de m'être attaché à quiconque (ou peut-être à Brody, par habitude) et je vois mal du coup ce que pourrait m'apporter une suite, à part de beaux comédien(ne)s, de belles images et quelques dialogues bien sentis. C'est peut-être suffisant après tout et je regarderais avec plaisir le spleen de ces jeunes gens si on m'en donne de nouveau l'occasion. 


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J'aurais voulu conclure avec quelques mots sur la fin de Falling Skies mais bon, Noah Wyle qui lit Épictète dans un vaisseau partant exploser la Lune, c'est une image qui me hante trop pour pouvoir en parler sérieusement. Vivement l'année prochaine pour que le délire se poursuivre et se conclut. J'aurais également aimé dire un truc sur le retour de Sons of Anarchy mais honnêtement, je n'ai pas encore eu le courage de m'infliger un season premiere où Kurt Sutter a, semble-t-il, perdu le numéro de son monteur. Ce sera pour la prochaine fois, qui sera chargé, car c'est bientôt la vraie rentrée. 

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