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La boutique va fermer mais il y a des invendus. Des séries que j’ai vu mais dont je vous ai jamais parlé. Je saisis donc l’occasion de faire l’inventaire de tout ça et de revenir également sur quelques actualités...

BOOMTOWN – Bien avant Hannibal, NBC avait déjà l’habitude de proposer des dramas hors du commun mais annulés trop rapidement faute d’audiences. C’était le cas de Boomtown, un polar original imaginé par Graham Yost, qui sortait tout juste de Band of Brothers et allait plus tard s’illustrer avec Justified et The Americans, rien que ça. Plutôt que de traiter des enquêtes de manière linéaire, chaque épisode propose le point de vue des différents protagonistes, du flic à la secouriste en passant par le procureur alcoolique. Malgré le casting incroyable – et notamment des anciens de la Easy Company comme Neal McDonough et Donnie Wahlberg – le concept ne rencontre pas son public et NBC oblige les scénaristes à changer le tir lors d’une deuxième saison raccourcie et beaucoup plus classique dans la forme. J’avais découvert la série en enregistrant par erreur le pilote, diffusé juste après ER sur France 2, à l’automne 2005 si mes souvenirs sont bons. Intrigué, je n’en ai ensuite manqué aucunes miettes et je garde un souvenir très marquant de « Black Out », l’épisode narrant la descente aux enfers de McNorris, l’addict torturé campé par un McDonough captivant, livrant probablement sa meilleure performance. Encore un beau gâchis. 


CARNIVALE - Le 4 avril 2004, j’étais devant Canal Jimmy, chez mon père qui avait les chaînes du câble et m’a donc permis de voir pas mal de choses en avance dans un monde pré-torrent, du genre Scrubs ou la neuvième saison de Friends. Et là, sans prévenir, débute le générique le plus étrange et flippant que j’ai pu voir sur mon petit écran. Des cartes de tarots qui prennent vie, des images de la Grande Dépression et de la montée du nationalisme en Europe, des rituels du Ku Klux Klan… Et puis en voyant apparaître le logo de Carnivale, je me rappelle en avoir lu le plus grand bien dans Series Mag de cette nouveauté HBO et je m’installe avec grande curiosité devant le pilote. Puis le second épisode. Puis plus rien car il m’a fallu rentrer chez ma mère et plus moyen de voir la suite d’un récit qui m’avait hypnotisé. L’histoire d’un jeune homme qui se retrouve à travailler pour une foire ambulante en pleine Dust Bowl et traverse l’Amérique avec une bande de freaks pendant qu’un prêtre avide de pouvoir tente d’agrandir son influence. Ces deux là sont liés et représentent la lutte entre Bien et Mal, faisant de cette série une tentative ultra-ambitieuse de réaliser la plus grande et passionnante parabole biblique de la télévision moderne.

Mais ça j’en savais rien : déjà parce qu’à 14 ans, j’avais pas saisi la double lecture. Et puis parce qu’il me faudra attendre 2011 pour enfin visionner Carnivale dans son intégralité, c’est à dire 24 épisodes de symboles religieux, d’ésotérisme et surtout, d’émotions. Parce que ne croyez pas la réputation de la série qui est celle d’une œuvre non aboutie et confuse. Si son annulation nous prive en effet d’une véritable conclusion et est ultra-frustrante au vu des cliffanghers du series finale, la série parvient à ne pas être seulement un résidu de mystère sur fond de combat manichéen. C’est avant tout une aventure très humaine, avec une galerie de personnages hauts en couleurs et une atmosphère unique qui vous transporte en pleine Grande Dépression et devrait se regarder juste entre Boardwalk Empire et Band of Brothers – il faudrait un jour regarder dans l’ordre les fictions américaines qui nous parlent de son Histoire. Si quelques effets spéciaux n’ont pas forcément bien vieillis, le casting est toujours convaincant – Clancy Brown, Clea DuVall et Tim DeKay en tête – et la bande originale de Jeff Beal – également responsable de celle de Rome – est très belle. Je garde un souvenir frissonnant de l’enterrement de Dora Mae, d’un Jonesie retrouvant ses jambes et des insomnies de Ben. Je garde un souvenir mémorable de Carnivale, qu’il ne faut pas hésiter à redécouvrir cet été. Ce sera une expérience plus satisfaisante qu'un Lost, croyez-moi. 


COMEDY BANG BANG - J’ai découvert le comédien Scott Aukerman à l’envers. En commençant par son plus récent projet, le podcast consacré à U2 qu’il anime avec Adam Scott (Parks & Rec) depuis l’an dernier et qui est régulièrement à mourir de rire – je vous le conseille même si, comme moi, vous n’avez aucunes affinités avec la bande à Bobo car l’humour réside dans les digressions des deux compères. J’ai ensuite regardé la version télévisée du podcast Comedy Bang Bang, qu’Aukerman anime en audio depuis 2009 et qui est un terrain de jeu formidable pour de nombreux comédien(ne)s, de Zach Galifiniakis à Nick Kroll en passant par Andy Daly (Review) pour ne citer que mes favoris. Le format vidéo de l’émission, diffusé sur Comedy Central depuis 2012, est un concentré d’inventivité et d’absurde comme on en fait plus depuis Mr Show With Bob And David – là où Scott Aukerman à commencer et qui est hautement recommandable par ailleurs. Chaque semaine, des invités viennent participer aux délires de Scott et de son camarade Reggie Watts – aux talents musicaux indescriptibles, allez donc le voir sur Youtube – et c’est régulièrement très très drôle. À l’orée d’une cinquième saison qu’il va falloir que je regarde – avant d’enfin découvrir la version podcasts - Watts vient d’être remplacé par Scott Mescudi et j’ai hâte de voir ce que ça va donner. Je vous le recommande en tout cas pour vous fendre la gueule cet été (tout comme Key & Peele et Amy Schumer, deux autres preuves que Comedy Central est un compagnon indispensable pour vos zygomatiques). 


DEADWOOD - Le 9 juin 2011, je publiais ce court billet : « Je viens de terminer les trois saisons de Deadwood. Comme je l'avais dit précédemment, j'avais toujours repoussé ce visionnage par crainte de rester sur ma faim. Alors oui, je suis sur ma faim comme rarement je l'ai été. J'écris cette note au milieu de la nuit avec beaucoup de mélancolie. Je m'excuse auprès de Six Feet Under, The Shield, Homicide, Friday Night Lights, The West Wing, Mad Men, Breaking Bad et Band Of Brothers (que j'adorent toutes passionnément) mais je sais maintenant que Deadwood est la série la mieux écrite, réalisée et interprêtée que j'ai eu la chance de voir. On en reparle bientôt, si j'arrive à trouver les mots pour décrire cet incomparable chef d'oeuvre. » Parti vivre à Barcelone quelques jours plus tard, je n’en ai jamais reparlé. Pourtant, je n’ai pas oublié Deadwood – c’est même elle qui a influencé l’écriture de BILLY, toutes proportions gardées !. Et il se peut bien que je maintienne ce que je disais de dithyrambique à ce sujet. Je crois bien que c’est la meilleure chose que j’ai pu voir à la télévision. David Milch est un fou et son projet le plus ambitieux est du jamais-vu : raconter une histoire se déroulant sur quelques semaines seulement, qui nous parle à la fois de toutes les facettes de l’Homme et de la construction d’un pays tout entier, en étant à la fois exigeant et plein d’humanité. Un pari osé, réussi haut la main, avec des personnages inoubliables, une scène de bagarre qui redonne des frissons rien que d’y penser et une conclusion certes frustrante mais ne gâchant pas le plaisir d’un visionnage. Si seulement la personne qui ne m’a jamais rendu mon coffet DVD refaisait surface… C'est en tout cas toujours aussi dur d'écrire à son sujet et je n'ai toujours pas trouvé les mots. Cocksucker ? 


NEWSRADIO Saison 5 - "La fin de News Radio annonçait sans le savoir le déclin des sitcoms traditionnels. Suite à son annulation et également à la fin de Seinfeld, la qualité de Friends va être moindre dans les années 2000, qui vont voir l'avénement d'un nouveau genre avec des classiques comme Curb Your Enthusiasm, The Office ou bien Arrested Development. Et bien que je n'ai découvert la série que cette année, elle rejoint mon panthéon des sitcoms les plus humaines, touchantes, inoubliables, qui permet d'oublier toute la misère du monde en passant vingt minutes avec une joyeuse bande d'acteurs et de scénaristes, devant des personnages plus vraies que natures qui vivront toujours dans nos esprits et nos coeurs." C'est le début d'un article sur la dernière saison de NewsRadio que j'ai commencé à écrire en juillet 2011 mais que je n'ai jamais terminé et qui est resté dans les brouillons de mon blog depuis, sans que je me résigne à l'effacer. J'avais envie d'y parler de la tragique disparition de Phil Hartman, assassiné par sa femme en 1998 et des répercussions de l'absence de Bill sur cette saison en demi-teinte. Je voulais malgré tout la réhabiliter parce que, même si elle est clairement moins inspiré que les précédentes, elle a eu le courage d'aller de l'avant, de faire du deuil un nouveau départ - notamment avec "Bill Moves On", une ouverture douce-amère - et de partir encore plus loin dans l'absurde. Je voulais expliquer que, contrairement à un Jon Lovitz en roue libre et assez agaçant, la présence récurrente de Patrick Warburton dans un rôle de grand méchant était souvent très drôle. Et dire que finalement, la série se terminait sur une note pas trop mauvaise, avec un final plutôt digne. Mais j'ai pas eu le courage. Parce que c'est vraiment dégueulasse d'avoir perdu Phil Hartman. Parce que c'est la tristesse qui l'emporte. Heureusement, on peut toujours se consoler avec... Newsradio. 


NYPD BLUES - Des années avant de voir Deadwood, j’ai eu sans le savoir une première rencontre avec l’œuvre de David Milch. L’histoire est connue : avec Steven Bochco, il est à l’origine de cette série policière avant-gardiste aussi bien dans son ton très brute de décoffrage que dans son traitement des personnages sans concessions. L’approche réaliste annonce aussi bien des The Wire que des Southland et un personnage comme Andy Sipowicz sont les grands frères de nombreux antihéros du soit-disant âge d’or de la télévision. La ligne éditoriale d’ABC semble en tout cas avoir bien changé depuis. Moi, c’est sur France 3 que j’ai pu découvrir le commissariat de la 15ème circonscription de New York, au moment où Mark-Paul Gosselaar devenait le nouveau co-équipier de Sipowicz. À une époque où les meilleurs moments du show étaient déjà écoulés – je n’ai d’ailleurs toujours pas vu les précédentes. En enregistrant les épisodes diffusés tardivement, j’ai donc pu suivre la série pendant quatre saisons, jusqu’à son tout dernier épisode. Et même si je n’en garde pas d’aussi grands souvenirs qu’avec Homicide (Life On The Streets), ma favorite dans le même genre, NYPD Blues a permis de m’exposer très jeune à une forme particulière de narration et à un univers sombre et réaliste.


THIRD WATCH - Là aussi, c’est grâce à la magie de la VHS que j’ai pu découvrir la série de NBC, lancée en 1999 par l’équipe à l’origine d’ER et diffusée juste après celle-ci, le dimanche soir, sur France 2, sous l’appellation « New York 911 ». C’est mon beau-père qui m’avait convaincu d’y jeter un coup d’œil. Il se lassait du Cook County – ça devait être pendant une neuvième saison en demi-teinte – et passait un meilleur moment avec les policiers, pompiers et secouristes new-yorkais qu’avec les urgentistes de Chicago. C’est d’abord via un spin-off avec ER que je découvre Bosco et Yokas, le duo de flics charismatique, enquêtant alors sur la disparition de la sœur de Susan Lewis dans les rues de New York. C’est donc par la troisième saison que j’ai débuté mon visionnage – je n’ai d’ailleurs toujours pas vu les deux premières – au moment où la série rendait un bel hommage aux victimes du 11 septembre. Très vite, le rythme soutenu et la forme assez similaire à ER – vie privée torturée vs. vie professionnelle mouvementée – m’a poussé à ne plus louper un épisode, malgré la diffusion française chaotique. Deux souvenirs me reviennent en particulier en mémoire, liés à la quatrième saison, diffusée l’été alors que je séjournais dans le mobil-home de mes grands-parents sur la côte vendéenne : la cure de désintoxication de Sully dans un chalet enneigé et la mort très violente d’Alex lors d’un sauvetage périlleux. Et puis pour booster les audiences, les scénaristes ont délaissés peu à peu leur concept de base pour nous proposer un cop show à la noirceur un peu forcé et à la violence parfois gratuite. Ce n’était pas mauvais mais c’était autre chose et au bout de six saisons, c’était fini. Ca tombe bien, j’entrais au lycée et mon lecteur DVD remplaçait mon enregistreur de cassettes… Aujourd'hui, Third Watch est multi rediffusée sur France 4 et Chérie 25 et Chicago Fire est un plagiat qui se porte plutôt bien. 


THE DAILY SHOW – Là aussi, pas vraiment une série à proprement parler mais un programme qui m’aura longuement accompagné. C’est d’abord en regardant quelques extraits partagés ici et là que j’ai pu me familiarisé avec l’émission de Comedy Central et l’humour de Jon Stewart et sa team. Fan de Steve Carell, c’est par lui que j’ai fouillé dans les archives et que j’ai aussi pu découvrir Stephen Colbert. Quand j’avais eu un travail de bureau, entre 2012 et le printemps dernier, Jon Stewart était le compagnon de mes pauses repas quasi systématiquement. Une figure irrévérencieuse mais pas trop, accessible sans être prétentieuse, subjective comme il faut et parfois capable d’analyses imparables. Le vieil ami aux cheveux grisonnants qui s’attaque contre les mêmes moulins avec plus ou moins de réussite mais toujours le besoin de tourner en dérision tout ce qu’il y a de pourri au royaume de la politique et des médias, avec Fox News comme bouc émissaire. J’ai eu la chance d’aborder le Daily Show à une période où officiait encore des correspondants aussi géniaux que Jason Jones, Samantha Bee, Al Madrigal, Aasif Mandvi, Jessica Williams et surtout John Oliver – qui avait brillamment remplacé Stewart durant l’été 2013 et qui anime depuis avec Last Week Tonight un show devenu encore plus ambitieux et percutant grâce à un format permettant des dossiers plus complets. À l’annonce du départ de Stewart, j’ai repris un rendez-vous régulier avec lui et je savoure actuellement ses dernières émissions. Et je n’hésiterais pas à donner sa chance à Trevor Noah qui, s’il tient ses promesses, devrait secouer un peu un Daily Show qui se reposait gentiment sur ses acquis dernièrement. Je ne serais hélas pas là pour la dernière de Jon – on a d’ailleurs décidé de prendre notre retraite en même temps ! – mais je lui lève d’avance mon verre pour ses services rendus, en espérant que sa reconversion nous permette de le retrouver vite. So long captain!


Voilà, j’ai vide mon sac. Je peux donc vous parler de l’actualité et des séries qui accompagnent mon été. 

FALLING SKIES S05E05 - Pour sa dernière saison, dans une vaine tentative de concurrencer Under The Dome, Falling Skies continue de sauter le requin un maximum de fois histoire qu’on rigole bien et qu’on oublie à quel point c’était con de s’embarquer dans le visionnage d’une série aussi nulle jusque parce qu’on aime bien Noah Wyle. Et il y a de quoi se fendre la gueule : la transformation de Pope en Heisenberg au crâne rasé lors d’un épisode intitulé – tenez-vous bien les côtes – « Pope Breaks Bad », le conflit avec les aliens mis en parenthèse pour une histoire de vengeance de cour de récré où tout le monde agit de la manière la plus égoïste, irrationnelle et infantile possible, un Tom Mason passé du statut de professeur un peu maladroit mais débrouillard au statut d’Elu sauveur de l’humanité, les tentatives d’occuper le temps d’antenne en recyclant les intrigues des saisons précédentes – la prise d’otage par un survivant devenu fou – des triangles amoureux en passe de devenir des rectangles amoureux et une réserve de munition à l’infinie à l’image d’un jeu vidéo auquel on triche avec des cheat code pour pouvoir arriver à la fin de la manière la plus paresseuse possible… C’est un festival pour ceux qui sont à la recherche d’un divertissement estival bien idiot. J’espère vraiment que le ciel va tous leur tomber dessus et que les aliens vont gagner. 


HALT AND CATCH FIRE S02E09 - Je ne pense plus du bien de cette deuxième saison par rapport à sa hausse de qualité importante vis-à-vis de la première. Désormais, j’en pense juste du bien parce que c’est bien. Et avec ce « Kali », on tient même l’un des meilleurs épisodes de la série tellement il offre à chaque personnage une intrigue bien écrite et fonctionnant aussi bien au niveau émotionnelle qu’au point de vue du récit plus générale de Mutiny. Depuis un moment, on alterne les petites victoires avec les grosses défaites et ce petit jeu nous laisse aussi épuisé qu’une Cameron à bouts de nerfs, se battant pour la survie de sa création et voyant son entourage déserter le navire. Le départ de Boz est probablement la scène la plus tendre et pure qu’a pu nous offrir Halt & Catch Fire et la preuve qu’avec le travail nécessaire, les personnages ont pu prendre vie et devenir réellement attachants. Si Toby Huss me manquera certainement – je l’ai découvert grâce à Carnivale d’ailleurs – il me semble que c’est le moment idéal pour offrir une sortie digne au commercial texan qui est parvenu à humaniser tout ceux qu’il croisait sur sa route. Celui qui gagne vraiment en profondeur cette semaine – et c’était déjà un peu le cas la dernière fois avec le trip ecstasy – c’est Joe, devenu enfin le protagoniste complexe et torturé qu’on nous vendait bien mal en S1. Lee Pace me semble enfin convaincant à mesure que la carapace de Joe se fissure de manière organique et touchante. Quand à Gordon, bien qu’il était totalement détaché du reste de l’intrigue principale, son périple dans ce parking glauque à souhait était une manière plutôt inventive d’illustrer sa spirale infernale. Ce que j’aimerais maintenant, et dans cet ordre là, c’est soit une troisième saison – même si je ne me fais pas d’illusions – soit un season finale solide qui me laisse avec le souvenir d’une série qui aura mis longtemps à se trouver mais qui, avec un peu de patience, valait vraiment le détour.


RECTIFY S03E04 - J’aime beaucoup le rythme de cette saison. Bien qu’elle soit raccourcie et que c’est un peu frustrant, le fait qu’elle se déroule dans un espace temps très confiné – la période où Daniel réside chez sa sœur - permet l’espace nécessaire pour une étude en profondeur des états d’âme du clan Holden. À une époque où de plus en plus de séries nous font le coup du time-jump de plus en plus gratuit et paresseux, c’est presque rafraîchissant d’avoir des scénaristes qui n’ont pas peur d’accompagner chaque étape du développement émotionnel de leurs personnages. De toute façon, Rectify ne nous parle que de ça : des sentiments. Dans ce très bel épisode, c’est la solitude qui est une nouvelle fois abordée, sous le prisme des problèmes de communications. Du sénateur qui ne peut plus littéralement plus s’exprimer suite à sa crise cardiaque à un Daniel qui s’isole dans une nouvelle vie qui ressemble de plus en plus à une prison – et où tout le monde parle à sa place – en passant par Teddy Jr. et Tawny qui doivent passer par un intermédiaire pour enfin se dire ce qu’ils ont sur le cœur, jusqu’à une rechute plus touchante que prévue. Rectify parvient à nous émouvoir avec du silence, un pot de peinture ou bien un couloir un peu trop vide. La réalisation est superbe sans être tape-à-l’œil, les acteurs livrent tous leur meilleure performance scènes après scènes et on se laisse porter par un ascenseur émotionnel de plus en plus percutant.


REVIEW S02E01 - Rafraîchissons la mémoire à ceux qui se demandent « mais quelle est donc cette série qui a fini à la huitième place de mon classement 2014 ? ». Diffusée sur Comedy Central, Review est l’émission fictive d’un certain Forrest McNeil (Andy Daly) qui accepte d’expérimenter la vie à la demande de ses spectateurs. Ca fait quoi de divorcer ? Ou de manger 30 pancakes à la suite ? La comédie repose donc sur d’énorme enjeux à mesure que la vie de Forrest s’anéantit et que le toutéliage de ses multiples expériences le laisse seul, cocaïnomane et suicidaire. La première saison s’étant terminé sur une note d’espoir avec une démission haute en couleurs, j’étais très curieux de voir comment les scénaristes allaient justifier cette suite. Au départ, quand je vois Forrest débarquer dans le décor habituel et expliquer qu’après quelques mois d’introspection, il a décidé de reprendre du service, je trouve ça un peu facile. Ca tient la route mais c’est pas très inventif. Et puis toute trace de scepticisme a éclaté quand, en devant expérimenter le combat à main nues avec un inconnu, Forrest se prend trois balles dans le corps et finit dans le coma. Mon plus gros fou rire de l’année, sans aucun doute. À partir de là, j’ai juste profité du voyage et savouré ce season premiere impeccable, qui bénéficie en plus de la présence de la toujours bienvenue Allison Tolman (Fargo). Welcome back Forrest, c’est un plaisir de retrouver la comédie la plus drôle à l’antenne ! Et c’est donc de manière tout à fait appropriée que ma dernière review sur ce blog sera une review de Review.


Rendez-vous le 10 août pour l’épilogue.

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