Bilan Saison 2


Après une première saison qui touchait au sublime, la série renouvelle l'exploit et parvient à nous livrer pour la deuxième fois une trentaine d'épisodes magnifiques, donnant vie à de nouveaux patients tout aussi attachants que les autres et complexifiant encore plus Paul Weston, le personnage le mieux écrit à la télévision. Encore une fois, j'ai dévoré la saison très rapidement et j'ai rarement été autant ému par une série qui se résume à des personnes qui discutent. Aucun temps mort dans cette deuxième saison. 

Gabriel Byrne parvient à rendre encore plus attachant et complexe son personnage de psychiatre à la dérive. Suite au divorce, à sa nouvelle vie d'ermite solitaire à New York et à la maladie de son père, il est en profonde déprime et remet sans cesse en question sa profession. Peut-il vraiment aider ses patients ? Ses propres tourments l'empêchent-ils d'être un bon psychiatre ? On en apprend plus sur son enfance, on le découvre sous une face moins parfaite, on le trouve détestable le temps d'un épisode avant de réaliser que c'est ce qui fait de lui un humain, un type auquel on peut finalement s'identifier assez facilement. Pour me simplifier la tâche, je vais essayer de découper ce compte-rendu patients par patients :

MIA : Ce que j'ai préféré avec Mia, c'est le fait que ses sessions ont lieu le lundi matin très tôt. Et que grâce à la réalisation, avec le ciel pâle hivernale qui se lève par la fenêtre, on a vraiment l'impression d'y être, c'est très beau. Hope Davis n'avait pas la tâche facile avec ce personnage d'ancienne patiente avocate qui veut avoir un gamin mais détruit toute sorte de relations qui pourrait l'aider. Ses affrontements avec Paul sont pleins de tensions, on a parfois enfin de la détester, elle est agaçante, lunatique. Et au fur et à mesure de la saison, elle nous montre une grande sensibilité, une sincérité que l'on ne peut qu'adorer, tant elle permet de placer Paul sur un terrain inconnu. On en tomberait presque amoureux. Mia, c'est l'anti Laura, et pourtant, les deux femmes seront parvenus à charmer le psychiatre, chacune à leur manière. L'un des plus beaux épisodes de la saison est celui où Paul écoute Chopin en pensant à sa patiente, j'en avais les larmes aux yeux. 

APRIL : Je ne veux pas sans arrêt comparer les deux premières saisons, mais il me semblait au début qu'April était l'équivalent de Sophie. Un peu plus vieille mais tout de même jeune et partageant la même complicité avec Paul. J'ai vite compris qu'elles n'avaient rien en commun si ce n'est des sessions vraiment bouleversantes. Alison Pill incarne la jeune femme atteinte de cancer avec force, elle m'a foutu des frissons quasiment à chaque fois. Je me souviens de cet épisode où elle se met à pleurer alors que le soleil est à son zénith et vient lui dorer les cheveux qu'elle va bientôt perdre. C'est inoubliable et pourtant, jamais les scénaristes ne tombent dans le larmoyant avec cette maladie. C'est surtout un pretexte pour parler de la vie, du passage à l'âge adulte et pour nous montrer un Paul qui est prêt à dépasser les limites par empathie pour ses patients. La conclusion est douce-amère et pleine d'espoir, surtout que Sophie est évoquée et que comme elle, April restera une figure marquante de la série.

OLIVER : Même si c'est peut-être la partie la plus répétitive de l'ensemble, je me suis pas mal identifié à Oliver, un gamin fils unique dont les parents sont en plein divorce et qui est mal dans sa peau. L'amitié qui naît entre Oliver et Paul est très touchante, surtout quand l'enfant demande à son pyschiatre de l'adopter. Paul voit à travers lui sa propre enfance et l'éloignement de ses enfants suite au divorce et grâce à l'intervention des parents, on a plusieurs points de vue sans jamais qu'on sache lequel choisir. La partie sur Oliver est une belle leçon d'éducation qui parvient à ne pas tomber dans le moralisme et à être très émouvante. Encore une fois, j'ai failli pleurer lors de la dernière session où Paul appelle Oliver pour lui dire qu'il sera toujours présent pour écouter ses problèmes. 

WALTER : Quand Walter débarque, j'ai pensé à Alex, dont l'ombre plane sur toute la saison à cause du procès où Paul est accusé de négligence. Comme le pilote suicidaire, Walter est agressif, arrogant et refoule un profond mal-être qui va le pousser lui aussi à tenter de mettre fin à ses jours. C'est la première fois qu'un patient est plus âgé que Paul et on a donc une dynamique assez neuve, même si les premières sessions ne laissent en rien présager de la puissance émotionnelle qui va suivre. Quand John Mahoney éclate en sanglots dans les bras du psychiatre, je n'ai pas pu retenir mes larmes. La tension est monté habilement jusqu'à cette explosion de détresse, celle d'un vieil homme qui ne sait plus pourquoi il continue de vivre. Cette intrigue a permis également un beau parralèle avec la mort du père de Paul, traité avec justesse et pudeur. 

GINA : Les affrontements entre Paul et son ancienne mentor se font encore plus tendus dans cette deuxième saison. Ils sont plus percutants et plutôt que de voir Paul parler de lui à travers ses patients, on entre de manière plus direct dans les tourments du psychiatre, dans ses traumatismes d'enfance. Encore une fois, difficile de choisir son camp et c'est pourquoi lorsqu'une violente dispute éclate entre Paul et Gina, on se retrouve bouleversé. Les deux acteurs ont une folle alchimie et la limite entre respect mutuel et rancoeur est toujours dépeinte avec beaucoup de subtilité. On a de beaux discours sur l'enfance, le rôle de la thérapie et l'amitié. Le vendredi est souvent ma journée préférée dans In Treatment. 

Une saison passionnante du début à la fin, porté par un cast merveilleux, et des personnages récurrents qui participent à renforcer l'univers de la série. Il y a toujours cette ambiance particulière, cette bande son pleine de tristesse et de mélancolie. Et on veut continuer de suivre l'évolution de Paul pendant encore longtemps, tout en espérant revoir certains de ses patients. 

Avec In Treatment, on peut s'identifier, apprendre à se connaître et c'est une thérapie intense, une expérience unique à la télévision, un chef d'oeuvre d'écriture et d'interprêtation.

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