2.22 Hard Times Come Again No More


J'ai toujours répété que la force de Parenthood était la manière dont elle savait développer chaque intrigue avec nuances et réalisme. Ce season final est tout l'inverse. Je ne sais pas si les scénaristes ont eu peur de ne pas avoir de troisième saison, mais ils ont en tout cas tenter de résoudre toutes les intrigues de la saison en quarante minutes pour un résultat forcément bancal.

Prenons Adam par exemple. Dans cet épisode, il est renvoyé de son boulot par l'insupportable Cory, il tente de gérer le fait que sa fille a désormais une vie sexuelle, essaye d'apprendre à son fils le sens du mot empathie, vient soutenir sa famille dans les bons et mauvais moments (à l'hôpital et au théâtre) et apprend que Kristina est de nouveau enceinte. En temps normal, il aurait fallu une bonne moitié de saison pour nous présenter tout ça. Et dans la vie, tout n'arrive pas comme ça. Donc forcément, des scènes qui auraient pu être particulièrement touchantes sont baclés et débarquent au milieu de nulle part, perdant toute leur intensité. Peter Krause arrive bien à jongler avec toutes ces émotions et j'ai adoré la manière dont il explose de soulagement dans les bras de Kristina (parce que j'étais moi-même soulager qu'Haddie ne soit pas enceinte ou que l'on évite un mauvais cliffangher) mais c'était quand même un immense bordel. 

Je pourrais appliquer le même jugement à tous les autres personnages. Le petit accident d'Amber devient une broutille rapidement expédié (j'aurais adoré voir tout l'épisode se dérouler dans la salle d'attente avec les Braverman réunis), l'adolescente semble déjà prête à repartir du bon pied (exactement comme l'an dernier), Sarah voit déjà sa pièce monté et devenir un succès alors que franchement, ça m'a semblé très mauvais (juste le plagiat d'un épisode de Parenthood) et la présence de Zeek est tout sauf crédible, Julia décide qu'elle ne veut plus de bébé après avoir vu une folle accoucher (elle est vraiment effrayante) puis elle décide d'adopter un enfant après avoir tenu le nourrisson dans ses bras, Crosby finit par accepter que voir Jasmine refaire sa vie puis par l'intervention miraculeuse de Joel, la jeune femme revient et accepte de s'installer chez lui. On peut pas dire que l'on s'ennuie durant cet épisode mais alors toute la subtilité et le charme de la série vole en éclats. 

Il y a tout de même quelque scènes qui ont réussi à briller dans ce gros mélange maladroit. D'abord, le moment où Zeek sermonne Amber, qui colle parfaitement aux personnages, est délivré par un Craig T.Nelson très émouvant et une Mae Whitman bouleversante. Ensuite, l'amitié grandissante entre Crosby et Joel est toujours là, en filigrane et me plaît beaucoup. Et puis notons aussi une courte mais sympathique réconciliation entre Amber et son frère et une belle réaction de Sarah face aux excuses de Max. 

Le reste était perdu dans les méandres d'un épisode qui gère la chronologie de manière étrange. On ne sait pas combien de temps se passe entre l'arrivée à l'hôpital d'Amber et la fin, on a pas le temps de voir les personnages évoluer de manière naturelle et tout semble donc plus ou moins forcé. Comme si on avait affaire à un series finale écrit dans l'urgence. Ce qui aurait pu être exploré pendant la bonne moitié de la future saison est ici condensé et perd de sa saveur, ce qui est très frustrant parce que je l'aime tellement cette série. Et j'espère qu'elle aura sa troisième saison et que le rythme reviendra à la normale. Parce que là, c'était une grosse déception.

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