DylanesqueTV S04E06

Après cette navrante soirée d'élections, réfugions nous dans la fiction. 

Community 3x16

On dira ce qu'on veut de Community, que trop de méta tue le méta et que la série s'égare dans ses propres ambitions. Mais il s'agit d'une série avec de l'ambition et c'est tout à son honneur. Elle expérimente, elle essaye et cela fait longtemps que je ne lui demande plus d'être hilarante, ou parfaite. Je sais qu'elle n'a aucun compte à me rendre. Franchement, quelle autre série peut se vanter d'explorer une problématique comme "l'accès à l'empathie par le pouvoir de l'imagination" avec autant d'inventivité et d'amour pour ses personnages ? Certes, ce n'est pas le genre d'épisode qui risque d'attirer plus de monde sur NBC le jeudi soir, mais si la série est annulée, c'est certainement le genre d'épisodes que l'on regardera en DVD en se disant que la série pouvait tout faire. À l'image d'Abed, Dan Harmon fait ce qu'il veut car il opère avec son imagination avant toute choses. Le showrunner est Abed dans une quinzaine d'années : il semble parfois antipathique, amère, il a pris beaucoup trop de recul pour vraiment pouvoir savourer simplement la vie. Mais j'espère que tout comme Abed, il est entouré de Troy, ou d'Annie. Et j'espère que tous les rêveurs, tout ceux qui écrivent le scénario de leur vie en permanence dans leur esprit nourri de fiction, auront toujours des amis pour les ramener, juste au bon moment, les pieds dans la réalité. Pas en les aliénant, mais en voulant leur montrer qu'ils ont de la valeur et qu'ils comptent beaucoup. Quand Community parle de l'imagination et de l'amitié de cette manière, elle me rappelle pourquoi elle est l'une des séries les plus passionnantes du moment. 

Cougar Town 3x08

La meilleure qualité et le pire défaut de Cougar Town, c'est que le show est prévisible. D'un côté, c'est une formule efficace, qui fonctionne toujours bien, qui a encore suffisamment de fraîcheur pour nous divertir sans fin, semaines après semaines. D'un autre côté, on sait direct comment va se terminer chaque épisode. Sauf que cette semaine a été une jolie petite exception, concernant Ellie en tout cas. Parce que je m'attendais à voir Jules lui faire suffisamment la morale pour qu'elle se réconcilie un tant soi peu avec sa mère. Et finalement non, l'épisode se termine avec une Ellie qui jubile à l'idée de ne plus la revoir. Avec tout de même un petit pincement lorsqu'elle réalise ce que cela implique. C'est une conclusion assez amère, un message assez dur de la part de la série qui correspond plutôt bien au personnage de Christa Lawrence et lui donne un relief nécessaire. À côté de ça, l'intrigue de Laurie était plus prévisible mais son duo avec Grayson et le charme de Busy Phillips nous vendent cette histoire de gâteaux et de rêves sans aucun effort. Et on avait notre dose de fun avec la petite escapade de Travis et de ses colocataires (Tinker est toujours dans le coin !) et un Ken Jenkins tellement à l'aise dans son rôle de patriarche décontracté qu'il mériterait d'apparaître deux fois plus souvent. Je pense donc que la série a encore de la marge avant de souffrir de sa formule. Scrubs a tenu au moins cinq ans sans trop nous ennuyer alors on a le temps de voir venir les ennuis. Si ABC ne fait pas de connerie. 

Game of Thrones 2x03

Les scénaristes s'amusent avec le travail d'adaptation et du coup, la série est encore plus jouissif à regarder pour ceux qui ont lu le bouquin et peuvent sentir la malice derrière. Parce que résumer des pages et des pages de manigances de Tyrion par une simple scène très bien pensée, c'était intelligent. Parce que rendre Brienne aussi cool à l'écran, c'était pas gagné d'avance. Parce que Yoren a eu le droit à la grande scène qu'il méritait. Parce que les personnages secondaires de Westeros sont souvent les plus attachants et que cet épisode leur donnait la part belle en maniant intelligemment les différentes intrigues et en les rendant le plus ludique possible, que ce soit avec Varys (superbe dialogue concernant le pouvoir), Mestre Luwin, Bronn, tout le monde a eu son moment de gloire. Même le triangle amoureux d'Accalmie me semble intéressant, pas aussi gratuit que les batifolages de Renly et Loras l'an dernier. Le cliffangher moisi de la semaine dernière est corrigé en deux secondes, la machine s'emballe sans aller trop vite et j'ai hâte de suivre Arya à Harrenhal. Il y a juste Shae qui m'agace, l'actrice étant vraiment terrible. À côté de Dinklage, elle fait en tout cas vraiment tâche. Mais c'est un défaut minime comparée à tout ce que je trouve jouissif cette saison. 


HIMYM 7x21

Il est temps que la saison se termine. Parce que depuis janvier, c'est la même histoire en boucle : Ted retrouve du plaisir à être solitaire, Marshall et Lily attendent un enfant en se chamaillant gentiment, Robin obtient lentement mais sûrement la reconnaissance qu'elle mérite et Barney trouve un peu de stabilité amoureuse. Ces différentes intrigues ont été gérés avec inventivité certes, mais ce genre d'épisode me dit que c'est bon maintenant, passons à autre chose. Oui, la série sera toujours la même et va toujours ressasser les mêmes histoires mais après avoir bien réussi à renouveller la formule, cette septième saison ne devrait pas s'essoufler autant sur la fin. C'est pourquoi il faut qu'elle se termine et vite. Parce que sinon, on ne dira plus "shump the shark", mais "land the helicopter" (t'en penses quoi, Romano ?). Et puis c'est tout de même des malins les scénaristes : ils ont réussi à nous servir les mêmes conneries que d'habitude concernant Barney tout en nous offrant un petit moment de rédemption juste à la fin. Un peu trop facile à mon goût. Le changement, c'est maintenant ou jamais, ça suffit les compromis (désolé, c'est soir d'éléctions après tout...).


Nurse Jackie 4x02

C'était un peu mieux. Parce que séparé de l'hôpital et de sa famille, Jackie peut nous offrir enfin quelque chose d'un peu rafraîchissant. Certes la problématique de l'infirmière qui doit se sauver elle-même est le thème de la série, un thème bien redondant, mais c'est ici traité avec de nouveaux protagonistes et un rythme qui m'a plu. Edie Falco s'en sort bien dans ce nouveau terrain de jeu et j'espère presque que l'on va passer la saison en immersion avec elle dans son centre de réhabilitation, avec tout ses nouveaux camarades de jeux. Parce que pendant ce temps, tout ce qui se passe à All Saints m'a hautement ennuyé. Bobby Cannavale est comme son personnage, seulement une illusion de changement qui rien pour le moment à une galerie de personnages sous-exploités, à l'image de Cooper et Zooey. Seule le duo O'Hara/Akalitis m'a bien fait rire... En résumé, je suis ravi de voir Jackie isolée, surtout lorsque le reste est aussi peu inspiré. 

The Office 8x21

En un seul épisode, la série est parvenu à recycler un tas de vieilles intrigues. Si ça, c'est pas un signe de santé ! Comme l'annonce le titre, on a pu voir le retour d'"Angry Andy" et de son mur favori. Un retour en arrière un peu forcé mais que j'ai apprécié car, tout comme lui, j'ai franchement envie de foutre un poing dans la gueule de Nellie (oui, je cache moi aussi une violence insoupçonnée). Et puis il y avait longtemps qu'on n'avait pas eu une scène d'anthologie dans la salle de conférences et je dois avouer que le débat sur l'impuissance était un bon cru. Mais la démission d'Andy et sa quête pour retrouver son poste pose plusieurs problèmes : d'abord, c'est là aussi une resucée de vieilles intrigues, en particulier du meilleur arc que la série a produite, la Michael Scott Paper Company. Ensuite, il va être difficile de vraiment croire à cette intrigue car on sait d'avance que Catherine Tate a une date d'expiration (espérons-le en tout cas) et également parce qu'Andy n'a jamais brillé à son poste de manager. Je me retrouve alors partagé entre le fait que Nellie doit disparaître et le fait qu'Andy ne mérite pas tant que ça de retrouver son bureau. Et ce serait quand même dingue d'avoir de nouveau, tout comme l'an dernier, une recherche d'un nouveau patron comme conclusion à la saison. En attendant, j'étais tout de même agréablement surpris par mon attachement pour le couple Andy/Erin (qui était pourtant au point mort la semaine dernière) et par la drôlerie de l'ensemble.


L'intrigue secondaire a permis de revenir avec fun sur le couple Ryan/Kelly, et même si ça termine en status quo, j'ai apprécié. À noter également que Phyllis était particulièrement en forme cette semaine. Comme quoi, The Office peut encore me faire sourire sans grincer des dents. Sauf que dès que Nellie apparaît ou que le show s'empêtre dans des choix scénaristiques redondants ou douteux, je refais la grimace. Et mieux vaut ne pas parler de cette histoire de neuvième saison privée du cast principal dont nous parle NBC depuis un moment...

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Voilà pour la semaine. Le retour de Parks & Rec était tellement géniale qu'il mérite une chronique entière. Tout comme le final d'Eastbound & Down et celui de Justified. Faîtes moi confiance. Même si j'écris pas tout ça en temps voulu, je vais essayer de respecter mes promesses. Ce qui est un peu le leitmotiv du jour.

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