6.12 The Quality of Mercy


Bob Benson est Don Draper. C'est très décevant pour ceux qui attendaient l'avènement d'une force extraterrestre ou le retour du bébé de Pete et Peggy en mode Benjamin Button mais Matthew Weiner n'a pas cherché ici à nous surprendre. Plutôt à poursuivre son thème de prédilection : l'histoire se répète. Et c'est Pete qui est confronté à ce sentiment de déjà-vu et en profite pour réaffirmer son pouvoir. Comme le fait très justement remarquer Alan Sepinwall dans sa review, on nous montre dans le même épisode l'évolution de Pete, pathétique et mesquin lors de la première réunion ou face à sa mère, plus sage et digne lorsqu'il quitte le bureau de Bob en décidant de ne pas le malmener davantage. Toujours maladroit et seul, mais différent. Il a appris de sa propre histoire et alors qu'on aurait pu s'attendre à le voir chuter peu à peu cette saison, il en arrive à la fin avec une petite victoire. 

Tout l'inverse de Don. Ce dernier se fait définitivement renier par les deux femmes de sa vie et est en train de perdre la seule qui a encore de l'affection pour lui. L'ancienne protégée le traîte (justement) de monstre après qu'il ait sabordé sa première grosse publicité pour la nouvelle agence et mis en péril sa relation naissante avec Ted. Sa fille affirme qu'il n'a jamais rien fait pour elle alors qu'elle se retrouve en compagnie d'hommes de son âge qui se comporte tout aussi égoistement que son père et qu'elle est prête à quitter le cocon familial pour la première fois, en s'allumant la cigarette qui lui fait quitter l'enfance (ouais, je kiffe les symboles, même quand il nous font penser que Benjamin Button, c'est Don). La manière dont la jeune femme prononce cette réplique est très troublante tellement on croirait entendre sa mère... Quand à Megan, elle est devenue une ombre qui est toujours là pour Don mais qui est incapable de l'atteindre, que ce soit à travers un écran de télévision ou dans leur appartement à l'ambiance pesante.

Comme Pete, Don est toujours maladroit et seul mais il est lui en pente descendante et ne semble pas vouloir apprendre de ses erreurs. Il ne réalise pas ou refuse de voir l'image qu'il renvoie et je vois mal comment il peut finir la saison sur une bonne note. Est-il jaloux de Ted car il regrette l'époque où il pouvait travailler en harmonie avec Peggy, parce qu'il regrette l'époque où il faisait le même traitement de faveur avec une jeune Megan ? On ne sait pas s'il boit pour oublier, on ne sait pas si c'est l'alcool et l'amertume qui le rend aussi malsain envers lui-même et son entourage. Et on ne sait pas comment il peut se racheter désormais. De manière assez manichéene, on nous a beaucoup montré une opposition digne du Bien et du Mal entre Ted et Don. Au vu de cet épisode, toute notre affection et sympathie ne peut aller qu'à ce pauvre Ted qui, s'il n'est pas un saint, est à des années lumières de l'état d'égoïsme atteint par Don ces derniers temps. À cause de lui et de ce rendez-vous très embarrassant à regarder, les deux sont perdants. Et c'est Peggy qui doit en payer, une nouvelle fois, les frais...


Sinon, j'ai eu très très peur en voyant Ken se faire tirer dessus aussi brutalement et jusqu'à ce qu'on le voit réapparaître avec sa gueule de borgne (presque aussi drôle que son numéro de claquettes), je me suis dit : "merde, après Lane, voilà que Weiner s'amuse à tuer tous les personnages qui ont un semblant d'humanité dans sa série". J'ai également réalisé cette semaine que Joan m'avait manquée et j'espère sincèrement que le season finale lui accordera le temps qu'elle mérite. Je me demande aussi où est rendu Stan. Et j'aime beaucoup le nouveau logo de l'agence. Quand à Glen, je serais heureux si on ne le revois jamais. 

Mais par contre, je serais bien triste quand le dernier épisode de la saison sera diffusé dans une semaine. Peggy, je te souhaites d'avoir ta revanche et ton heure de gloire. En tout cas, le résumé du prochain épisode est très clair : "Don has a problem". C'est tout et c'est peu surprenant...

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