Musicalement Votre [5/5]

Avant d'être un passionné de séries, je suis avant tout un passionné de musique. C'était le sujet de mon premier blog (aujourd'hui inactif) et le sujet de mon emploi, puisque je bosse pour une radio. Si on me propose d'aller sur le tournage d'un épisode de Breaking Bad ou en studio avec Neil Young, le dilemme sera tellement difficile que je risque de m'évanouir. Alors vous pensez bien que, lorsqu'une série insère un morceau à sa narration (et je ne parle pas seulement de musique de fonds), je savoure ça comme il se doit. En excluant les épisodes comédies musicales, je vous propose ici mon top 50 des moments musicaux qui m'ont le plus marqués sur le petit écran. Comme tout top 50 qui se respecte, c'est ultra-subjectif et pas du tout exhaustif. L'ordre n'indique pas un classement qualitatif, juste un déroulement aléatoire, au fil de mes souvenirs. Voilà donc la dernière partie... avec des guest-stars de luxe et toujours encore plus d'ER, de SFU et des Sopranos...

41) Nobody But Me (The Humain Beinz) - The Office [S07E01 Nepotism]

J'ai failli inclure la scène du mariage de Jim et Pam où leurs collègues débarquent sur fond de Chris Brown. Parce que c'était drôle, émouvant et surprenant. Mais Chris Brown ne mérite pas de figurer dans un classement alors tant pis. À la place, voilà un bon vieux lip-dub qui ouvrait la septième saison avec énergie et en utilisant un vieux classique oublié des sixties. C'est idiot et basé sur les traits les plus caricaturaux des employés de Dunder Mifflin, ce qui annonce plus ou moins la couleur des saisons à venir. Mais en même temps, c'est hautement divertissant et mémorable. 


42) My Rifle, My Pony And Me (Dean Martin) - The Sopranos [S04E05 Pie-O-My]

C'est avec les animaux que Tony Soprano se montrait le plus humain. Que ce soit les canards du pilote ou Pie-O-My, la jument qui sera à l'origine de la scène la plus violente de la quatrième saison. Du coup, c'est particulièrement émouvant de voir Tony au chevet de l'animal mourant, alors que Dean Martin reprend l'air de "Rio Grande" (que j'ai réutilisé lui aussi dans un épisode de BILLY). Parce que Tony, c'est un cow-boy solitaire, pas du tout fait pour son époque et dont les instincts primaires le rapprochent forcément du monde animal. Un beau moment d'accalmie où rarement la série de David Chase m'avait autant pris aux tripes (c'est vraiment nul d'avoir perdu Gandolfini...). 


43) Don't Think Twice, It's Alright (Bob Dylan) - Mad Men [S01E13 The Wheel]

Il aura fallu attendre la fin de la liste pour que j'arrive à placer du Dylan. Faut dire que je croise rarement ce dernier à la télévision, à part dans le générique de Parenthood, dans l'ultime saison des Sopranos ou dans Deadwood (mais c'était pour illustrer le générique de fin seulement). Je ne doute pas qu'il est utilisé dans d'autres séries que je ne regarde pas (Cold Case lui a consacré un épisode il paraît) mais j'ai quand même un souvenir marquant en lien avec "Don't Think Twice, It's Alright". Dans Mad Men d'abord, alors que Don rentre chez lui à la fin de la première saison et suite à son meilleur speech autour du carrousel. Même si c'est anachronique (Dylan n'enregistrera le morceau que trois ans plus tard), c'est tellement émouvant que je ne m'en suis même pas offusqué. 


44) Don't Think Twice, It's Alright (Bob Dylan) - Friday Night Lights [S04E06 Stay]

Et c'est la même ritournelle qui sera utilisée pour dire au revoir à Matt Saracen lorsqu'il quitte Dillon suite à l'enterrement de son père. "Stay" fait suite à "The Son", l'épisode le plus bouleversant de FNL et bien qu'il soit moins chargé émotionnellement, il fut tout de même dur de voir partir mon personnage favori. Alors Dylan vient apaiser la douleur avec sa chanson de rupture douce-amère et les grands espaces américains entraînent Saracen vers de nouveaux horizons... 

45) Bookends (Simon & Garfunkel) - ER [S06E19 The Fastest Year]

"Le Temps Passe Plus Vite que Nos Rêves". C'était la traduction française du titre de cet épisode et pour une fois, je trouve ça encore plus évocateur que l'original. Surtout quand on se souvient de cette scène finale où Mark regarde avec son père mourant des diapositives de son enfance. Il aura fallu toute une saison pour que le père et son fils renouent de vrais liens et le moment est vraiment attendrissant. Ce qu'on ne sait pas encore, même si on s'en doute, c'est que c'est le dernier moment que Mark passera avec son père. "Bookends" est une coda parfaite à cette relation qui sera l'un des ressorts émotionnelles de ma saison favorite. 

46) Go To The Mardi Gras (Professor Longhair) - Treme [S01E08 All On A Mardi Gras Day]

Encore une histoire de famille qui va connaître un tournant tragique mais ne le sait pas encore. Ecouter l'hymne du Professor Longhair à fond avant de partir savourer Mardi Gras, c'est une tradition chez les Bernette. Et on s'enthousiasme en même temps qu'eux, ravi de voir la famille partager un moment aussi pur et excité d'aller se balader dans les rues de la Nouvelle-Orléans pour un épisode d'anthologie (que j'avais regardé un soir d'orage et de canicule, rendant l'expérience encore plus mémorable). Sauf que dès l'épisode suivant, Creighton va disparaître, ce qui rendra ce moment tragique avec le recul. Surtout quand la mère et sa fille retenteront de créer la magie, en vain, la saison suivante... 


47) John The Revelator (Curtis Singer & The Forest Rangers) - Sons Of Anarchy [S01E13 The Revelator]

Et j'accueille Nicolas Robert du DailyMars qui nous parle du maître des montages musicaux intempestifs, ce bon vieux Kurt Sutter...

"Je ne suis pas accro à Sons of Anarchy. Ca ne me parle pas, c'est comme ça. Cette affirmation est d'autant plus regrettable que la mobylette de ma motivation a calé juste avant ce qui est, paraît-il, la meilleure période : la saison 2. Aussi partiel et partial puisse être cet avis (qui n'est pas définitif : un jour, j'y reviendrai, je pense), je dois dire que le titre qui illustre la scène finale de la saison 1 est aussi beau que fort. Sutter (qui a écrit et réalisé l'épisode) filme bien son affaire, pendant l'enterrement de la femme d'Opie. Et il a le bon goût de choisir un titre superbe -signé par un étonnant gars de l'Idaho. Personnellement, j'ai la conviction que le père Kurt a écrit cette scène en pensant à cette chanson. Pour le coup, c'est impeccable." 

48) Calling All Angels (Train) - Third Watch [S05E08 Fury]

Je me souviens de l'époque où j'attachais autant d'importance à ER qu'à Third Watch et que je ne manquais aucun épisode des deux séries lors de leur diffusion tardive sur France 2. Il faudrait un jour que j'écrive un article en hommage à Third Watch. En attendant, mon ami Whisper nous propose un souvenir musical...

"Un morceau rock porteur d'espoir qui illustre le montage final de cet épisode riche en coups durs et sert de moteur à plusieurs des personnages principaux pour repartir de l'avant face à l'adversité : les premières notes retentissent alors que Carlos vient juste d'apprendre qu'il n'est pas compatible avec sa fille pour une greffe de moëlle osseuse. Doc canalise sa rage pour reprendre l'entraînement physique après s'être fait remettre les pendules à l'heure par Kim suite à la spirale infernale dans laquelle l'a plongé le décès d'Alex. Enfin, Maritza va déposer des lys sur la tombe de sa sœur, après avoir appréhendé l'assassin de cette dernière, décidant au dernier moment de lui laisser la vie sauve, estimant que souffrir en prison serait un châtiment pire que la mort. Nos héros sont tombés, ce morceau pêchu les motivera à se relever."

49) Elephant Gun (Beirut) - Capitu [S01E01]

On peut toujours compter sur Ladyteruki pour nous ouvrir l'esprit et nous permettre de traverser les frontières. J'ai conscience que mon blog a tendance à rester figé sur le sol américain et en lui demandant de participer à ce top 50, je savais qu'on aurait le droit à une belle découverte. Je lui laisse la parole et m'en vais de ce pas réécouter Beirut et partir à la recherche de Capitu...

"La mini-série brésilienne Capitu, adaptée du roman "Dom Casmurro" (un classique de la littérature brésilienne, la série a justement été commandée à une date anniversaire), s'intéresse à Bento, un vieillard qui écrit ses mémoires et raconte ainsi comment il a rencontré Capitu, une superbe jeune fille qui est devenue l'amour de sa vie. La série s'ouvre sur notre Bento qui raconte d'abord son amertume, sa douleur, d'avoir vécu bien des déceptions que je ne vais pas vous dévoiler ici ; la série Capitu présente tous ces souvenirs sur la scène d'un théâtre, sur laquelle Bento se glisse, comme un coryphée sinistre. Mais tout change dans le ton de l'épisode quand Bento se souvient de son émotion d'adolescent, de sa fascination pour Capitu, dont il ne sait pas encore, à l'époque, le mal qu'elle va lui causer. C'est précisément cette scène qui est magique. Laissant entièrement la place à la chanson de Beirut, le monologue de Bento ou les dialogues sont totalement absents de cette scène. Seul Bento, revenu sur la scène de ses souvenirs, revit sa fascination émue pour la jeune fille. Ca donne une séquence d'une folle énergie, magnifique, sublime. Pour moi, Capitu, c'est ça : une grâce incroyable et un talent sans pareil pour mettre en scène quelque chose d'abstrait dans le roman. De la même façon que Bento revit son amour adolescent pour la jeune fille dans cette scène, comme au premier jour je revis à chaque fois mon coup de coeur pour cette série dans cette séquence."


50) Breathe Me (Sia) - Six Feet Under [S05E12 Everyone's Waiting]

Ais-je besoin de me justifier ? De vous rappeler à quel point ce montage final m'aura fait pleurer toutes les larmes de mon corps ? De vous expliquer pourquoi je ne peux plus réécouter ce morceau sans revoir dans ma tête chacune de ses images ! Par pitié, si vous n'avez pas encore vu Six Feet Under, ne regardez pas la vidéo qui suit. Et allez réparer votre erreur. Je pense que c'est le choix idéal pour conclure cette liste et terminer l'été les larmes aux yeux...


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