Best Of 2013


Malgré mon emploi du temps chargé qui m'éloigne du blog ces derniers temps, il aurait été dommage de ne pas faire un traditionnel bilan de l'année. Et je ne change pas la tradition d'ailleurs : un top 25, qui mélange tous les genres et toutes les chaînes de manière tout à fait subjective. Des choses prévisibles mais aussi des surprises : jamais il n'y aura eu autant de nouveautés dans mon classement ! Est-ce le signe d'un beau renouveau ? Tout ce que je sais, c'est que l'année 2013 était une putain de bonne année télévisuelle, sans aucun doute pour ma part. 

25) Family Tree [Saison 1]


Diffusion : De mai à juin sur HBO.

Pourquoi ? : Je viens de commencer Getting On et c'est vraiment très bien. Mais il est trop tôt pour que je l'inclus à ce classement alors à la place, je vous propose une autre petite série d'HBO qui passera sûrement à la trappe un peu partout et c'est bien dommage tellement elle est originale, charmante et unique en son genre. Family Tree est la dernière obsession de Christopher Guest, roi du mockumentaire avant qu'il ne s'appelle ainsi et aux frasques pas si éloigné d'un Ricky Gervais justement, mais en mode précurseur. On y retrouve le toujours sympathique Chris O'Dowd (The It Crowd, Girls) à la recherche de ses origines et traversant l'Atlantique pour réaliser son arbre généalogique. Derrière ce fil rouge, c'est un joyeux bordel avec un mélange de tonalités comme on en retrouve nulle part ailleurs, un casting quatre étoiles (Bob Balaban, Fred Willard, Ed Begley Jr. et Michael McKean dans le rôle du père) et de belles métaphores sur un tas de trucs. Un véritable ovni, dont je retiens avant tout la recherche désespérée de Monk, le singe de la soeur ventriloque. Il n'y a pas vraiment de directions à cette première saison, si ce n'est celle de la recherche d'identité et de chaleur humaine et ça suffit pour en faire quelque chose d'assez inoubliable. 

Sélection : "The Austerity Games", "Indians", "Cowboys".

***

24) Hello Ladies [Saison 1]


Diffusion : De septembre à novembre sur HBO.

Pourquoi ? : Et je pourrais en dire autant d'Hello Ladies, si ce n'est qu'ici, la subtilité s'efface face à la drôlerie. Alors pour rigoler, il faut aimer l'humour de Stephen Merchant, le compère de Gervais qui adapte ici son one-man show, qui raconte sa quête de l'amour à Hollywood. Des problèmes de riches ? Oui, si on a envie d'être relou et de se contenter de ça. Une série légère, bien foutue, qui possède du coeur et un sens énorme du timing comique ? C'est plutôt ça que j'ai retenu. Ça et un générique qui me restait en tête longtemps après le visionnage, m'obligeant à le siffloter en marchant dans la rue, partageant moi aussi la quête de Stuart, avec ma propre maladresse. Et Christine Woods (que je n'avais alors vu qu'en fantôme dans Go On) est une belle révélation et son duo avec Merchant fonctionne très bien, me donnant vraiment envie d'avoir une suite à me mettre sous la dent. 

Sélection : "The Dinner, "The Wedding", "The Drive". 

***

23ex aequo) Shameless US [Saison 3] / Nurse Jackie [Saison 5] 


Diffusion : De janvier à avril sur Showtime / D'avril à juin sur Showtime

Pourquoi ? : Je n'ai pas su départager les deux séries de Showtime, alors elles seront ex aequo, tant pis. À côté d'un Dexter minable et d'une conclusion beaucoup trop mièvre à The Big C, ces deux-là réussissent à avoir toute ma sympathie (alors que c'était pas gagné quelques saisons auparavant et qu'il a fallu s'accrocher). Mais j'y pense : je vous avais jamais vraiment parlé de mon affection pour Shameless. Faut dire que ce fut jamais le grand amour mais que, par moments, l'adaptation de John Wells (oui, le même que ER) (non, je n'ai pas vu l'original) sait viser juste et être mon Parenthood du câble. Cette troisième saison était la meilleure car le côté racoleur et redondant s'effaçait souvent face à l'étude de personnages et à l'émotion qu'ils me procuraient. Mention spéciale à Emily Rossum, sublime. Pour une fois, j'attends le retour des Gallagher avec une vraie impatience. Quand à l'infirmière Jackie, j'ai déjà dit tout le bien que je pensais de la cinquième saison ici

Sélection : "Order Room Service", "Survival Of The Fittest" / "Teachable Moments", "Soul"

***

22) Parks & Recreation [Saisons 5 et 6]


Diffusion : De janvier à décembre sur NBC. 

Pourquoi ? : Malgré tous les défauts qui viennent parasiter l'une de mes anciennes comédies favorites depuis sa quatrième saison (des personnages qui s’essoufflent, un équilibre devenu trop fragile, Ann Perkins, Jamm), Parks & Rec fait figure de vétérante sur NBC et conserve un savoir-faire en voie de disparition. Pawnee nous réserve encore de belles surprises (le mariage de Ben et Leslie, le séjour à Londres) et quand elle a vraiment quelque chose à raconter sur un personnage, elle le fait bien. Sur la totalité de l'année, on décompte donc un tas de bons moments, de pensées inoubliables de la part de Ron et on conserve notre amour pour Leslie Knope, malgré tout. Le départ de Ann et Chris devrait relancer la machine et si on approche de la fin, je ne doute pas qu'elle sera bien. Pas aussi bien que celle de 30 Rock (j'y reviendrais) mais mieux que celle de The Office (je n'y reviendrais pas, mais j'en ai déjà longuement parlé au printemps dernier). 

Sélection : "Leslie And Ben", "Article Two", "London"

***

21) Wilfred [Saison 3]


Diffusion : De juin à septembre sur FX. 

Pourquoi ? : Quand j'ai appris que la quatrième saison de Wilfred serait la dernière, j'étais d'abord un peu triste. Et puis je me suis dis que c'était le bon moment. Parce que la série a encore plein de choses à nous raconter mais est juste à la limite du moment où elle n'aura plus rien à nous raconter. Durant toute cette troisième saison, j'ai eu peur de m'ennuyer, de revoir encore et encore le même schéma : Ryan s'embourbe dans une situation de merde à cause de Wilfred et apprend quelque chose en même temps. Mais toujours, on a su me surprendre, me laisser des images fortes en tête et m'émouvoir plus qu'auparavant (notamment en évoquant l'enfance et la solitude). Et la plupart du temps, c'était drôle. Il est clair que ça va me manquer de retrouver mon chien favori chaque été, mais j'aurais eu le droit de passer d'excellents moments en sa compagnie cette année. Et maintenant, je veux la vérité. 

Sélection : "Uncertainty", "Confrontation", "Regrets"

***

20) Hannibal [Saison 1]


Diffusion : D'avril à juin sur NBC.

Pourquoi ? : J'ai mis longtemps avant de vouloir me plonger là-dedans. Faut dire que tout petit, la VHS du "Silence des Agneaux" me terrorisait et que je m'interdisais de croiser un jour la route d'Hannibal Lecter, sous n'importe quelle forme. Et puis Bryan Fuller, c'est pas un chouchou à moi. Pushing Daisies, c'était sympa deux minutes, mais ça m'a vite saoûlé (bon d'accord, j'ai pas vu Dead Like Me et Wonderfalls, je suis probablement une mauvaise personne). J'ai fini par céder devant les critiques enthousiastes et le désert télévisuel qu'est le mois de juin. Bon, déjà, j'ai bien fait de pas me mater ça durant l'hiver, sinon ça aurait fait comme à l'époque où j'avais fait la connerie de lire "Voyage Au Bout de la Nuit" au mois de janvier, ça aurait remué le couteau dans ma déprime habituelle (il y a peut-être un jeu de mot dans cette phrase mais je n'en suis pas convaincu). Malgré toute ma bonne volonté, j'ai eu du mal à digérer un pilote vraiment pompeux (ah ça, c'était un jeu de mot !) et il m'a fallu du temps pour poursuivre les aventures de Will Graham et de ses copains. Puis peu à peu, c'est le casting qui m'a retenu : oui, le danois est bon, Hugh Dancy adorable, Laurence Fishburne vraiment charismatique et Caroline Davernas me fait de l'effet (ok, je vais regarder Wonderfalls). Ensuite, c'est la photographie qui m'a hypnotisé, l'atmosphère de la série. Malgré un aspect très redondant, malgré une partition pas toujours très fine à force de vouloir faire sa maline et malgré un ennui qui me retombait souvent dessus, j'ai eu des moments de transes visuelles à regarder ça. La neige, le sang, la bouffe, j'en tremblais parfois tellement c'était beau, un vrai rêve éveillé, une expérience pour les sens. Alors à défaut de m'être autant attaché aux personnages que je l'aurais voulu ou d'avoir vraiment envie de voir la suite de l'intrigue, Hannibal chope la vingtième place grâce à mes rétines. 

Sélection : "Sorbet", "Rôti", "Savoureux"

***

19) Game Of Thrones [Saison 3]


Diffusion : De mars à juin sur HBO.

Pourquoi ? : J'ai chroniqué chaque épisode et la terre entière nous a emmerdé avec "t'as vu la fin de l'épisode 9 ?" alors ais-je vraiment besoin d'en remettre une couche ? C'était souvent très divertissant, parfois profondément chiant, souvent ultra-bordélique et seulement la moitié des personnages m'ont fait battre mon coeur (des Lannister et des Baratheon principalement). Du grand spectacle maladroit mais du grand spectacle quand même dont le plaisir est toujours indéniable, surtout dans les trois épisodes que je cite ci-dessous, les moins problématiques, les plus jouissifs. Et toutes les scènes avec Brienne et Jaime aussi. 


***

18) Girls [Saison 2]


Diffusion : De janvier à mars sur HBO.

Pourquoi ? : J'ai déjà dit tout le bien et tout le mal que je pensais de cette deuxième saison. Alors je vous invite à relire mon bilan schizophrénique et je vous laisse avec une photo de mon personnage favori et d'un chien. J'attends la suite avec impatience mine de rien (mais vous verrez, ma version française et masculine sera mieux). 

Sélection : "One Man's Trash", "Boys", "Video Games"

***

17ex aequo) Portlandia [Saison 3] / Childrens Hospital [Saison 5]


Diffusion : De janvier à mars sur IFC / De juillet à octobre sur Adult Swim

Pourquoi ? : Allez, je me permets encore une fois de tricher sans excuses, jusque parce qu'en finalisant mon top 25, j'avais oublié des trucs. Comment oublier la troisième saison de Portlandia ? La plus faible pour le moment certes, mais qui n'a cessé d’égrener tout au long des épisodes des idées, des grimaces de Fred Armisen, des guest-star bien exploités et qui m'a rappelé que Carrie Brownstein n'était qu'amour. Comment oublier la cinquième saison de Childrens Hospital, la plus aboutie à ce jour, qui nous embarque dans un autre pays et se permet de battre tous les records de créativité à la télévision sans que personne ne la remarque. "My Friend Falcon" est un summum de comédie expérimentale et être originale pour faire rire, c'est pas donné à tout le monde. Ces deux séries ont réussi le pari haut la main. 

Sélection : "Nina's Birthday", "Alexandra" / "My Friend Falcon", "Coming And Going"

***

16) The Americans [Saison 1]


Diffusion : De janvier à mai sur FX. 

Pourquoi ? : "En explorant certains territoires déjà défrichés par d'autres séries, The Americans parvient à raconter quelque chose de nouveau, à sa façon. Une histoire d'espionnage, l'histoire d'une époque et surtout des histoires d'amour, où chaque personnage aura eu l'occasion de briller par sa densité." Dans mon bilan, je disais ça et d'autres choses et ce qu'il faut en retenir, c'est que The Americans est vraiment sous-estimé alors que c'est bien. C'est aussi simple que ça. Je suis simple. Presque minimaliste. Fainéant ? Minimaliste. À ce rythme là, je ne devrais pas tarder à m'occuper de la section séries pour les Inrocks ou Telerama. 

Sélection : "The Clock", "Safe House", "Only You"

***

15ex aequo) 30 Rock [Saison 7] / Arrested Development [Saison 4]


Diffusion : En janvier sur NBC / En juin sur Netflix

Pourquoi ? : 30 Rock n'a diffusé que 4 épisodes en 2013 mais ils étaient tellement réussis qu'ils méritaient une mention ici, surtout que la série n'aura plus jamais la chance de figurer dans un classement de fin d'année. Qui aurait cru qu'elle aurait ces honneurs alors que The Office n'aurait aucune mention dans ce bilan ? Elle est loin l'époque où Michael Scott visait juste à chaque fois tandis que Liz Lemon me fatiguait. La septième et ultime saison de 30 Rock est l'une de ses plus solides et pour en savoir plus, je vous invite à relire mes adieux à Jack Donaghy et compagnie. Quand au retour d'Arrested Development, s'il n'était pas à la hauteur des attentes, il était tout de même sacrément bien foutu et truffé d'inventivité et de moments inoubliables. J'en parlais plus longuement après mon binge-watching en compagnie des Bluth. Extrait : "Hurtwitz a beau se montrer un peu con vis-à-vis des critiques (en prétextant qu'ils ne comprennent pas son génie), les critiques ont beau se montrer un peu trop cérébrale vis-à-vis d'un pur moment de divertissement (qui fait appel au cerveau certes), j'ai donc kiffé ma race." En tout cas, voilà deux séries qui auront marqué la décennie précédente et qui se terminent ou reviennent dans celle-ci avec panache. Et sans véritable concurrence, hélas. 

Sélection : "Hogcock!", "Last Lunch" / "A New Attitude", "It Gets Better"

***

14) Parenthood [Saisons 4 et 5]


Diffusion : De janvier à mai sur FX. 

Pourquoi ? : 2013 fut une année compliquée pour les Braverman et en particulier pour Kristina, le personnage phare de la quatrième saison (avec une intrigue réussie) et de ce début de cinquième saison (avec une intrigue un peu foireuse). Et à cause de ça, Parenthood fut inégale en 2013. Mais j'ai adoré voir mon drama familial enchaîner les très beaux moments et les moments un peu maladroits, car il y avait toujours du coeur et un casting incroyable. C'est probablement la série dont j'ai le plus parlé sur ce blog cette année, alors je ne vais pas m'étendre. Plutôt vous inviter à relire ce que je disais sur mes épisodes favoris. Pour résumer : "Parenthood, c'est toujours la même chose. Et c'est aussi ce qui fait qu'on l'aime : elle est réconfortante et peut durer aussi longtemps qu'elle le veut et qu'on continuera à la regarder." Débarrassée de la campagne électorale et avec l'espoir que NBC continue à y croire, 2014 pourrait être une année bien meilleure pour ma famille favorite actuellement à l'écran. 


***

13) Veep [Saison 2] / It's Always Sunny In Philadelphia [Saison 9] 


Diffusion : D'avril à juin sur HBO / De septembre à novembre sur FXX. 

Pourquoi ? : Encore un exemple de triche dû au fait que j'avais complètement oublié Veep en établissant mon classement. J'ai pourtant adoré cette deuxième saison, encore plus drôle et bien foutue que la première. Je parle rarement de la série ici car je n'ai pas d'analyse à proposer, seulement une succession de scènes qui virevoltent et de répliques qui fusent (mes favorites ? les vacheries adressés à Jonah). Julia Louis-Dreyfus au sommet de son art (oui, je n'ai pas dépassé le pilote de Old Christine, sue me) et une meilleure raison de suivre des intrigues politiques que de regarder House of Cards. Sorkin était en roue libre avec The Newsroom cette année mais la Maison Blanche se porte toujours bien grâce à Veep. Et dans le genre comédie qui ne cesse de briller malgré le passage du temps, vous savez bien que Phildelphia est toujours ma favorite et que son 100ème épisode m'a particulièrement bluffé. J'ai même versé une petite larme grâce à Charlie. Celle-là peut durer encore dix saisons et je serais mort de rire de la scène d'intro à la conclusion, c'est plus fort que moi. 

Sélection : "Helsinki", "D.C." / The Gang Saves The Day", "Flowers For Charlie

***

12) Eastbound & Down [Saison 4]


Diffusion : De septembre à novembre sur HBO. 

Pourquoi ? : "Voilà clairement la saison de la maturité, la vraie, qui s'évertue à reproduire le schéma habituel pour mieux offrir un twist surprenant à chaque fois." Oui Dylanesque, clairement. Et mieux que ça : c'est la saison la moins tape à l'oeil mais la plus ancrée dans le réél, rendant le système d'identification à Kenny encore plus fort. La saga s'achève sur une belle leçon au sujet de l'amour et de l'équilibre difficile entre nos désirs et la réalité. Truffé de nouveaux personnages très drôles (le robot étant mon favori) et doté d'une fin WTF épique, cette quatrième saison était un appendice magnifique, un récit plein d'espoir et de petites tragédies humaines. Kenny Powers va beaucoup me manquer. "Fame — fortune — power. Titties. People say these are the most crucial things in life. But you can have a pocket full of gold, and it doesn’t mean sh*t if you don’t have someone to share that gold with. Seems simple, yet it’s an important lesson to learn. Even lone wolves run in packs sometimes..."

Sélection : "Chapter 22, "Chapter 28", "Chapter 29"

***

11) New Girl [Saisons 2 et 3]


Diffusion : De janvier à décembre sur FOX. 

Pourquoi ? : Il y a eu la deuxième saison de The Office. Celle de Parks & Rec. Et en 2013, celle de New Girl. Et tout ça grâce à un "will they won't they" qui a fait battre mon petit coeur alors que je ne l'en croyais plus capable : "Je ne vais pas vous refaire l'histoire car au final elle est très simple et qu'il faut la regarder pour en saisir toute la joie. À partir de "Cabin", c'est l'une des plus excitantes romances de notre siècle. Interprêté avec un charisme fou par les deux comédiens, qui entretiennent une tension sexuelle de dingue sans jamais en faire des tonnes. Qui sont mignons tout plein sans jamais forcer le trait. Le parfait équilibre et des épisodes aussi parfaits que "Cooler", "Chicago" ou mon favori, "Virgins", aussi drôle qu'émouvant. C'était un exploit de parvenir à faire monter nos attentes sur une telle longueur, c'était un exploit d'endurance et d'écriture talentueuse. Chapeau." Mon avis plus complet est à relire si vous le souhaitez et la bonne nouvelle, c'est que la troisième saison, grâce notamment au retour de Coach, continue l'exploit. Ma comédie favorite en 2013. 

Sélection : "Cooler", "Quick Hardening Caulk", "Virgins"

***

10) Orphan Black [Saison 1]


Diffusion : Au printemps sur BBC America. 

Pourquoi ? : Et ainsi débute mon top 10 et le défilé de nouvelles séries dans mon top 10. Orphan Black fut une belle claque qui récompensa haut et fort ma curiosité car, d'habitude, je suis peu enclin à traverser l'Atlantique pour tenter une série "fantastique" (la dernière fois, c'était Misfits et j'ai même pas encore pris le temps de regarder son ultime saison). Ah, on me fait signe que c'est canadien comme série. Donc c'est vraiment une première pour moi ! Dans mon bilan à chaud, je disais ça : "Joss Whedon a trouvé son héritage : univers maitrisé, galerie de personnage riche et attachant, dialogues percutants qui ne manquent pas d'humour, réalisation aventureuse (c'est un bonheur pour les yeux), récit ambitieux qui a le potentiel de durer sur plusieurs saisons et actrice principale merveilleuse. Et juste pour info (pour ceux qui ont vus), mon clone préféré est Allison." J'ai donc très hâte de voir la suite pour frémir, rigoler et retomber amoureux de Tatiana Maslany, la révélation de l'année. 

Sélection : "Natural Selection", "Unconscious Selection", "Endless Forms Of Beautiful"

***

9) Treme [Saison 4]


Diffusion : En décembre sur HBO. 

Pourquoi ? : Je triche une dernière fois dans ce classement en y mettant une saison qui n'est pas encore terminée. Mais honnêtement, à moins que le series finale de Treme soit très mauvais, je doute avoir à remettre en question sa neuvième place, il se pourrait même qu'elle en obtienne une meilleure à posteriori. On savait qu'avec un nombre aussi réduit d'épisodes, les adieux aux personnages seraient émouvants, j'avais juste peur qu'ils soient un peu précipités. Mais précipiter les choses, David Simon et sa team ne savent pas faire. Au contraire, ils prennent le temps nécessaire pour un dernier aperçu du quotidien des habitants de la Nouvelle-Orléans, en commençant par l'élection d'Obama et l'espoir de nouveaux changements. On y parle de la vie, de la mort et de la musique, car tout est lié. On en parle avec un casting bien décidé à donner son meilleur avant la fin et en compagnie de guest musicales toujours réjouissantes. L'agonie de Robert, les nouveaux projets de Janette et Davis et la maturité retrouvée d'Antoine sont parmi les intrigues les plus passionnantes depuis le début, et l'immersion est de nouveau totale. Jamais parfaite mais de plus en plus attachante dans ses imperfections au fil des saisons, Treme ne m'a jamais autant ému que lors de ses dernières heures et le final devrait être le clou du spectacle. 

Sélection : "This City", "Sunset On Louisiane" et probablement "...To Miss New Orleans". 

***

8) The Good Wife [Saisons 4 et 5]


Diffusion : De janvier à décembre sur CBS. 

Pourquoi ? : 2013 fut la meilleure année à ce jour pour le drama judiciaire de CBS. Oui, je sais, quand on me connaît un peu, c'est improbable qu'un drama judiciaire de CBS se retrouve à la huitième place du classement mais il va falloir s'en remettre car il n'y avait pas de vrai concurrence sur les networks pour faire mieux que Robert et Michelle King (cela dit, je ne regarde pas Scandal et Person of Interest). À partir de mars (environ), la série a connu un âge d'or qui a duré jusqu'à "Hitting The Fan", le meilleur épisode de The Good Wife. Chaque épisode était meilleur que le précédent et j'écrivais des choses aussi dithyrambiques que : "CBS est en train de nous proposer de la must-see TV comme NBC n'en a plus proposé depuis des années" ou encore : "Death of a Client" m'a procuré les mêmes sensations que face aux grandes heures d'ER ou The West Wing et prouve que The Good Wife est actuellement le drama de network le plus digne à l'antenne. Et dois-je rappeler à quel point Julianna Margulies est parfaite ?" La renaissance s'essoufle gentiment en cette fin d'année mais n'empêche : c'était grandiose tant que ça a duré. 


***

7) Justified [Saison 4]


Diffusion : De janvier à avril sur FX. 

Pourquoi ? : En l'absence de Deadwood et The Shield, et face à un Sons of Anarchy de plus en plus médiocre, Justified était en 2013 mon rendez-vous favori de drama "western contemporain" au casting formidable. Dans mon bilan de la quatrième saison (la meilleure ?), je disais ça : "Les grands moments de la saison sont trop nombreux pour les dénombrer ici et de toute façon, tout est trop lié et parfaitement construit pour que l'on s'amuse à démonter l'ensemble en pièces séparés (même s'il faut noter que "Decoy" était un pur moment d'adrénaline comme on en fait plus et sans aucun doute l'épisode le plus jouissif de la série). Chacun a eu son rôle à jouer et la série en ressort encore plus passionnante et riche qu'auparavant. Car encore plus que l'an dernier, il y avait derrière ce jeu scénaristique un vrai soin apporté au parcours des personnages et à leurs tourments. De western à la cool, Justified est passé en mode western crépusculaire, tout en restant plus cool que jamais." À noter aussi : entre Justified, Parks & Rec et Brooklyn 99, 2013 était l'année de Patton Oswalt en guest-star qui fait mouche à chaque fois !

Sélection : "Decoy", "Peace Of Mind", "Ghosts"

***

6) Rectify [Saison 1]


Diffusion : D'avril à mai sur Sundance Channel. 

Pourquoi ? : Je n'avais pas écrit de bilan sur cette trop courte première saison, mais "Modern Times" figurait dans mon classement des meilleures moments musicaux : "Je dois avouer que Rectify a vraiment commencé à me convaincre pour de bon à partir du troisième épisode. À partir de cette scène dans le grenier où Daniel retrouve son adolescence et sa vie d'avant la prison dans des cartons. Dont une vielle compile où l'on trouve ce morceau de Cracker, parfaitement 90's, qu'il écoute avec un Walkman parfaitement 90's. Et la scène dure au moins trois minutes, sans dialogues, juste avec le morceau et le visage de Daniel qui en dit long sur la nostalgie qui le saisit. Aden Young y est parfait et on ne perçoit plus seulement Daniel comme l'inquiétant homme silencieux dont on ne connaît pas vraiment l'implication dans le meurtre d'une jeune file. Non, on le voit comme un grand adolescent qui écoute son Walkman. À partir de là, la série n'avait déjà plus rien à me prouver et allait continuer dans cette veine introspective très belle, très sensible." Et presque métaphysique quand W. Earl Brown embarque Daniel pour une promenade à la recherche de Godot, quasiment bouleversante quand on nous ramène en prison et carrément glaçante lors de la violente conclusion. Un projet unique en son genre, qui m'a plongé dans le même état que face à un Terence Malick. On aime ou on aime pas. J'ai adoré et ça a réveillé un tas de choses en moi : spiritualité, amour de la nature et innocence. Pas mal pour une série venue de nulle part et en seulement six épisodes. 

Sélection : "Modern Times", "Drip, Drip", "Jacob's Ladder"

***

5) Masters Of Sex [Saison 1]


Diffusion : De septembre à décembre sur Showtime.

Pourquoi ? : Ou l'art de faire une première saison quasiment sans fautes et sans trop se la raconter. Avec une simplicité d'écriture exemplaire, une fluidité dans le récit et un casting où personne ne vole la vedette à personne, où tout le monde peut briller en harmonie. Oui, on est sur Showtime, c'est difficile de croire à un tel miracle mais ça arrive parfois (souvenez-vous des premiers pas d'Homeland). Certains auront tout de même trouvé le moyen de reprocher à la série des problèmes de rythme, un personne féminin anachronique et ces pinailleurs, je ne les comprends pas vraiment tellement chaque épisode a su m'emporter dans l'intimité de ces gens, de leurs frustrations, de leurs passions. Tellement il s'agissait du soap le mieux camouflé en drama que j'ai pu voir depuis Mad Men (on en parle juste après) sans avoir toujours l'impression de regarder un Mad Men 2.0. On s'attache très vite à tout le monde, du duo principal aux personnages les plus secondaires, de Masters & Johnson au couple bouleversant formé par Beau Bridges et Allison Janney (magnifique) en passant par Jane et Lester, les deux sidekicks adorables. Et il y a des images fortes qui restent longtemps en tête, longtemps après le générique de fin. Masters Of Sex nous parle du sexe et nous parle d'amour et c'est ce que la vie peut faire de mieux alors pourquoi bouder notre plaisir ? Pourquoi bouder Lizzy Caplan alors qu'elle a autant illuminé mon écran ? 

Sélection : "Brave New World", "Fallout", "Phallic Victories"

***

4) Mad Men [Saison 6]


Diffusion : D'avril à juin sur AMC. 

Pourquoi ? : Chaque année, c'est sur Mad Men que je peux préfère écrire, c'est la série qui m'inspire le plus et ne cesse de me surprendre. La sixième saison n'échappe pas à la règle et je vous invite à relire ce que je disais sur des épisodes aussi mémorables que "The Crash" ou "Favors". "Une saison bordélique dans le bon sens du terme et liée à cette année 1968 riche en révolutions éphémères et en violences. Je garde de cette saison un tas d'images fortes, de moments bouleversants, de symbolisme qui reste en tête et de drôleries qui me font encore sourire rien que d'y repenser. La forme peut changer, le fond reste le même : ces gens sont seuls, ils ne savent pas comment aimer, il ne savent pas comment se faire aimer. Ces gens se perdent et se retrouvent, ces gens sont perdus." Et j'aime me perdre avec eux, qu'il s'agisse de Don, Pete, Peggy et Joan ou des outsiders comme Ted et Bob Benson. Et j'ai hâte de les retrouver pour une conclusion prolongée pour laquelle Matthew Weiner a toute ma confiance. 

Sélection : "The Flood", "The Crash", "Favors"

***

3) Orange Is The New Black [Saison 1]


Diffusion : En juillet sur Netflix.

Pourquoi ? : Je n'avais pas réussi à parler de la série lors de sa diffusion car je n'étais pas habitué au système Netflix et que j'ai binge-watché ça en quelques jours, sans aucun recul possible. Maintenant, avec un peu de recul, je peux vous dire sincèrement qu'Orange Is The New Black est ma nouveauté favorite de l'année. Il y a peu de séries qui parviennent dès le début à introduire autant de personnages, à nous les rendre aussi attachants, à créer un univers aussi riche, des situations aussi émouvantes et à utiliser aussi bien un cast féminin aussi varié. Je me souviens avoir pleuré lorsque la chorale entonne un chant de Noël lors du dernier épisode, pleuré car ce fut une merveilleuse aventure que de suivre Piper dans cette prison et la voir évoluer pendant treize épisodes où il n'y a quasiment rien à jeter, que des moments forts, drôles et inoubliables. Putain, enfin une série chorale qui remplit toutes ses promesses et fait l'unanimité !

Sélection : "Tall Men With Feelings", "Fool Me Once", "Can't Fix Crazy"

***

2) Enlightened [Saison 2]


Diffusion : De janvier à mars sur HBO. 

Pourquoi ? : "Enlightened, c'est aussi beau à regarder que The Tree of Life, c'est aussi émouvant et juste qu'un film de Noah Baumbach. Ce n'est pas seulement une série qui me divertit, m'amuse ou me fait pleurer. C'est surtout une série qui me parle de moi, de nous, qui me laisse planer pendant plusieurs minutes après la fin du générique, qui me permet une belle introspéction et m'offre de l'espoir." Je disais ça après avoir visionné "Higher Power" et j'avais déjà tout dit. Enlightened était une série parfaite sur la bonté qui envoie chier une décennie entière d'anti-héros. The AV Club en parle mieux que moi et Amy Jellicoe parle aussi joliment bien : "You can try to escape the story of your life, but you can’t. It happened. The baby died. The dog died. The heart broke. I knew you when you were young. I know your heart broke too. I will know you when we are both old, and maybe wise. I hope wise. I know you now—your story. Mine isn’t the one I would have chosen in the beginning, but I’ll take it. It is my story. It’s only mine. And it’s not over. There’s time. There is time. There’s so much time." Elle me manquera terriblement et il est important que Mike White nous revienne vite. 

Sélection : "Higher Power", "The Ghost Is Seen", "Agent Of Change"

***

1) Breaking Bad [Saison 5b]


Diffusion : D'août à septembre sur AMC.

Pourquoi ? : Ce choix n'a rien de surprenant et j'ai déjà longuement parlé de ce monument alors je vais faire comme d'habitude, je vais m'auto-citer : "Combien de fois a-t-on vraiment pu témoigner de l'aboutissement d'une série feuilletonesque (pléonasme ?), d'une série qui nous vend de l'illusion sur le long terme et qui se la joue méticuleuse avec nos nerfs et nos attentes ? Tant ont échoué à cet exercice difficile et souvent vain, de Lost à Dexter en passant par tout les ratages "high-concepts" de ces dernières années. Le truc, c'est que Breaking Bad a réussi à maintenir sa forme jusqu'à la fin car elle n'était pas qu'un high-concept, qu'une suite de rebondissements, que la vision d'un showrunner, que le produit d'une chaîne câblée aventureuse. Elle a réussi car chacune de ses réussites naissait de personnages solides. Portés par un cast solide. Magnifiés par une réalisation solide. Ses faiblesses sont les moments où l'effet de style et la tentation du "bigger than life" prenait le pas sur la psychologie des personnages. L'ultime saison et ce final auront rendu hommage à tous ces ingrédients savamment cuisinés par la team Gilligan et ça me laisse admiratif, impressionné, satisfait et triste car bordel, ce sera quand la prochaine fois qu'on aura le droit à une telle aventure humaine ?" 

Sélection : "Ozymandias", "Granite State", "Felina"

***

Ainsi s'achève mon classement. 

Je vous souhaite un merveilleux Noël. Paix sur Terre.

Commentaires

Articles les plus consultés