5.14 A Few Words

Juste quelques mots (LOL) pour vous dire à quel point c'était bien. 

Après toute l'excitation de début de saison et un sans-fautes qui a duré un bon moment, il y a eu une mini-gueule de bois. Et j'étais parti célébrer Noël un peu frustré de voir la série retomber dans quelques vieux travers indigne d'elle. Tout ce qui concernant Peter, Eli et Melissa George m'exaspérait tout comme l'incapacité des scénaristes à exploiter correctement leur nouvelle firme d'avocats. Et je ne parle même pas de Kalinda, un cas presque désespéré. Heureusement, c'était un passage à vide très court, bien plus court que celui qui a souvent eu lieu au milieu des saisons précédentes. L'épisode de reprise de la semaine dernière, après une très longue absence, était solide comme il fallait, très rassurant. Celui-ci est quasiment parfait, digne des exploits du début de saison.


D'abord, comme pas mal d'épisodes réussis de la série, c'est la structure qui est marquante. Elle sort de l'ordinaire sans dénaturer l'ordinaire. Ici, les flashbacks nous ramenant peu de temps avant l'épisode pilote s'intègrent organiquement à ce qui nous est raconté, à ce que l'on veut nous raconter sur le parcours d'Alicia, son évolution de "good wife" à sa prise d'indépendance, et c'est à nous de décider si elle est vraiment différente, si elle a eu "le contrôle de son destin", quelles sont les vraies motivations de Will depuis le début. Et les relations entre les deux personnages sont devenus si complexes qu'il ne s'agit pas simplement de les juger, juste d'essayer de les comprendre. Tout ça pour se retrouver dans un café bruyant à boire de la bière fadasse et réaliser qu'on ne se comprend plus mais qu'il est temps d'être honnête, que ce soit pour insulter une serveuse ou se déclarer bons ennemis. Margulies et Charles tiennent leurs personnages à la laisse, dans le passé et le présent, ils sont incroyables. Dès qu'on pensait avoir fait le tour de leur petit jeu, on y revient avec toujours autant de plaisir. Ce n'est plus une romance, c'est un rapport d'égo, deux adultes qui s'accrochent à une vieille illusion pour remplir un vide (matez ma psychologie de comptoir). Et ils sont plus humains que jamais. 

Tout ça nous est raconté avec un incroyable sens du rythme, des clins d'oeil toujours malins à l'histoire de la série, une des meilleures utilisations possible de Jackie Florrick et un vrai sens de l'ironie. C'est pas un procédé nouveau de faire un "sequel" au milieu d'une série, je pense notamment à The Shield ou, dans une autre catégorie, Friends, mais c'était vraiment bien joué là. Le contexte de la convention d'avocats apporte une ambiance un peu exotique (New York, ce n'est pas Chicago) et un côté huis-clos dans lequel on s'engouffre et où le temps est dilué. Pourtant, moi je sors de là au bout de quarante minutes en n'ayant pas vu le temps passer. Car il y a aussi le Elsbeth Show pour nous divertir. J'avoue avoir parfois eu du mal avec le personnage, un peu trop "goofy" à mes yeux, un peu trop chouchoute de scénaristes indulgents. Mais là, c'était très bien dosé. On avait l'ours anti-sémite, la voix horrible mais aussi une défense de Will au top, dans une intrigue qui est un fil rouge pas trop mal à ce deuxième moitié de saison. 


Non franchement, il y avait tout ce que j'aimais dans The Good Wife. C'était passionnant, drôle, intelligent, aussi bien dans la forme que dans le fond. Casting au top, réalisation impeccable. Qui a besoin de True Detective quand on a ça tous les dimanches ? Qui a besoin qu'on lui parle d'hommes torturés quand on peut observer une poignée d'hommes et de femmes de plus en plus humains ?

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