Bilan Saison 6

Souvenez-vous de l'époque où Parks & Rec était la comédie que j'attendais le plus chaque jeudi soir et dont je ne pouvais pas m'empêcher de chroniquer chaque épisode ? Vous le savez, ma passion pour Pawnee a fortement faibli depuis une campagne électorale décevante et une cinquième saison bourrée de défauts. Et j'ai débuté cette sixième saison sans véritables attentes et encore moins d'enthousiasme qu' à l'époque où The Office était aussi âgée. Loin d'être parfaite et non dénuée de maladresses, ce fut pourtant une année très satisfaisante pour la série, qui a su renouveler mon intérêt peu à peu. 


En particulier le départ d'Ann et Chris. Les deux personnages qui n'avaient plus grand chose à nous proposer ont eu le droit à un départ très émouvant où je me suis dit "je vais au moins pouvoir faire confiance à la série pour ne pas louper sa sortie". À partir du moment où la voiture du couple quitte Pawnee, on a d'ailleurs l'impression que les scénaristes activent pour les personnages restants le mode "dernière ligne droite avant fermeture". La dernière partie de saison prend bien le temps de dessiner une ultime trajectoire intéressante pour tout le monde, que ce soit un nouveau travail pour Leslie, une vie de famille pour Ron ou un investissement enfin gratifiant pour Tom. En mêlant ces storylines bien définies avec un arc permettant à chaque citoyen de Pawnee de venir faire un coucou et à quelques guest-star rares d'apparaître (du leader de Wilco à l'excellent Bo Burnham), Parks & Rec a trouvé la formule idéale pour ses vieux jours. Et parvient à exploiter une saison complète sans avoir trop d'épisodes "bouche-trous" comme ce fut le cas l'an dernier, sans avoir à revenir sans arrêt au status quo quand les personnages évoluent trop vite. Un bon équilibre donc, qui nous permet de retrouver un Pawnee à taille humaine et une Leslie aussi ambitieuse qu'attachante. Bien sûr, ça n'empêche pas des moments où la caricature l'emporte, ça n'empêche pas April d'être un personnage aussi relou et un Billy Eichner (Craig) d'être aussi mal dosé que le fut Jon Glaser (Jamm) par le passé, mais je ne vais pas trop en demander. 

Avant d'évoquer le final, j'aimerais revenir rapidement sur des choses qui m'ont particulièrement plu cette année : la place grandissante de Donna et Jerry/Larry suite au départ d'Ann et Chris est un choix qui s'est révélé payant et ce ne fut pas rare de voir ces deux-là voler la vedette à leurs camarades. L'évolution de Ron en père de famille, devenant pour le reste de l'équipe une présence de plus en plus protectrice et passant une grande partie de la saison à construire des choses. Un Andy qui ne m'intéressait plus vraiment depuis un moment mais qui retrouve du poil de la bête en fin de saison lorsqu'il organiste l'Unity Concert (et peut s'épanouir sans une April qui, je le redis, n'avance pas d'un iota). Même Tom qui avait perdu ma sympathie la retrouve peu à peu. Et on aura beau avoir reprocher aux scénaristes de lui avoir accordé trop de temps d'antenne à une époque, il faut vraiment reconnaître que Ben Wyatt est en grande forme cette année et forme un couple solide avec Leslie, sans tomber dans l'excès de la saison passée (et son couple avec Jerry valait aussi le détour).


C'est également toujours un plaisir de voir que la série a une bonne mémoire et sait faire revenir son énorme galerie de personnages secondaires quand elle en a besoin, en prenant également soin d'en rajouter de nouveaux (on peut ainsi croiser Eagleton Ron lors d'une ballade nocturne ou inviter Joan et Perd à l'ouverture de son restaurant). "The Wall, "Flu Season 2" et "One In 8,000", pour ne citer qu'eux, sont des épisodes qui fonctionnent très bien et qui ont su réveiller la fibre nostalgique de l'ancien passionné de Pawnee que j'étais. 

Ce qui nous mène donc à "Moving Up", un season finale assez gigantesque, aussi bien dans sa durée que dans son propos. Dans la manière où il multiplie les enjeux pour la suite, exploite à merveille l'univers étendu du show et offre une conclusion à la hauteur de la saison, il me rappelle les épisodes extra-larges les plus réussis de The Office, comme "The Job" ou "Goodbye Toby". Et me renvoie également aux plus belles heures de Pawnee, du Telethon au Harvest Festival. Il s'agit tellement d'un best-of et d'une conclusion qu'on a même l'impression, quasiment jusqu'à la dernière minute, d'avoir un series finale. Et un series finale tout à fait exemplaire, qui m'aurait amplement suffi. On a revu tout le monde, tout le monde va bien, Mouse Rat et Duke Silver viennent rendre hommage à Lil' Sebastian, Genuwine est le premier client de Tom, Ben est le fier papa d'un nouveau jeu à succès (et a pu voir son groupe préféré sur scène), April et Andy vont pouvoir divorcer sur un coup de tête pour mieux se remarier et Leslie a un beau futur qui l'attend. Sauf que, tout comme nous, les scénaristes savent que NBC a déjà donné le feu vert à une ultime saison supplémentaire alors on se demande ce qu'ils vont bien pouvoir nous raconter de neuf à la rentrée prochaine. 


Débarque alors un flash-forward complètement inattendu, doublé d'une nouvelle coupe de cheveux pour Leslie et d'un Jon Hamm sorti de nulle part. Wow. Et une fois passé l'effet de surprise et de WTF, on réalise que le procédé est génial et essentiel pour que l'ultime saison ne soit pas une redite de cette tournée d'adieux déjà amplement suffisante. À la place, on aura une dernière poignée d'épisodes tourné vers l'avenir, excitante et pleine de surprises pour faire suite à cette saison de transition qui tenait vraiment bien la route. J'imagine même un retour de la série sous forme de film dans une dizaine d'année avec toute l'équipe qui s'active pour faire élire Leslie présidente. 

C'est un peu fou mais au moins, me revoilà enthousiaste face à la série. Me revoilà fan. Et très confiant pour la septième saison. Je me souviens maintenant pourquoi Parks & Rec mérite de finir en beauté. La sixième saison aura permis ça lentement mais sûrement et restera un chouette souvenir.

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