1.06 Autoradio


Le casting : François Hervouët (ZIM) et Marc Jamin (PAPA). 

L'écriture : J'ai toujours voulu écrire un road-trip. Comme je vous l'avais expliqué ici, ça remonte probablement aux épisodes des Animaux du Bois de Quat'Sous, ça n'a fait qu'empirer à la lecture du Seigneur des Anneaux et, bien sûr, c'est l'oeuvre de Jack Kerouac qui m'a achevé. Des voyages, j'en ai fait pas mal depuis et j'ai déjà pu écrire dessus. Et même imaginer une grande quête initiatique avec BILLY. Mais voilà, il me manquait un truc plus concis, un road-trip épuré avec juste deux personnages et la route. En commençant ZIM, alors que je réfléchissais aux différentes intrigues possibles, j'avais déjà écrit sur une feuille "ROAD-TRIP ?". Plusieurs pistes : Zim et Pablo marchent d'Angers à Nantes à pied, Zim part faire du stop une journée mais ne quitte jamais Angers, Zim et Louise rentrent en voiture chez leurs parents pour Noël...


Au final, j'ai saisi l'occasion pour développer le personnage du Papa et cette vague idée de voyage est celui de Zim et son père, revenant de l'enterrement de la grand-mère. Ce genre de trajets, j'en faisais un weekend sur deux avec mon père quand j'étais gamin et qu'il avait quitté ma mère. Entre 3 et 12 ans, avant que je ne prenne le train, il venait me chercher, souvent la nuit, et on écoutait la radio ou ses vieilles K7 de Supertramp. C'est notre relation que j'ai voulu mettre en avant ici, avec peu de pudeur mais vous commencez à avoir l'habitude. Et comme j'ai perdu plusieurs membres de ma famille à l'époque où j'écrivais l'épisode, la mort m'obsédait. Alors c'est devenu peu à peu le thème fil rouge d'"Autoradio", un road-trip sur la relation père-fils et sur la mort. Fun. 

Le tournage : Pour filmer le road-trip, il a fallu faire un road-trip. C'était l'époque où Aurélien était encore de la fête et on s'est calé sur les sièges arrières pour filmer à deux caméras les deux comédiens sur les sièges devants. Je pense qu'on a dû enfreindre à peu près toutes les règles des tournages pros dans des voitures (et aussi quelques règles de la route car on n'était pas vraiment attachés). Le plus galère, vous vous en doutez, c'est le son mais je m'attendais à un résultat bien plus inécoutable. Les raccords, c'est pas non plus évident, même quand Marc prenait soin de reprendre sans cesse la même route. Mais qui s'en souciera ?


Il aura donc fallu une journée d'allers-retours entre Angers, Rennes et Segré pour mettre ça dans la boite. Et tout recommencer en plein milieu car, par mégarde, la plupart des rushes avaient disparues. Malgré ça, je garde un excellent souvenir de ce tournage : voir l'alchimie entre François et Marc se développer, tâcher de me faire oublier sur le siège arrière pour capturer leurs interactions, capturer des endroits d'un paysage lié très fort à un tas de souvenirs, avoir de bonnes surprises en improvisant (le rond-point avec la chaise, le passage au McDrive). On a même eu l'occasion de faire une escale dans la ferme où l'on avait tourné BILLY qui était toute vide et triste au milieu de l'hiver. Et puis la journée s'est terminée avec ce long plan séquence autour de Supertramp et un retour à Angers avec la sensation d'avoir réalisé avec nos petits moyens un vieux rêve. 

J'en profite pour remercier Aurélien pour l'aide qu'il m'a apporté lors des débuts de ZIM (c'est le deuxième épisode qu'on a tourné et il est ensuite parti faire ses trucs à lui) et Gibet qui a réussi à corriger un tas de trucs qui ne fonctionnait pas sur le montage initial. On avait monté l'épisode à la va-vite il y a un an pour le présenter lors d'une journée projection à Angers et il a pris la poussière depuis, Gibet a réussi à lui redonner quelques couleurs. Malgré tout ses efforts, un bug persiste et vient parasiter l'image trois ou quatre fois sans prévenir, j'en suis vraiment désolé...


Le résultat : Je ne sais pas si l'épisode fonctionne, je ne sais pas s'il va vous ennuyez ou vous permettre d'y coller vos propres voyages, vos propres relations paternelles. Je ne sais pas si mon discours sur la Mort va vous gonfler ou vous faire lever les yeux au ciel. Je ne sais pas si ce long montage final va vous convaincre de nouveau que ZIM, c'est trop long et que ça tremble trop. Je sais juste que Marc et François font un super boulot et que j'aurais aimé les filmer encore plus longtemps si j'avais pu. C'est d'ailleurs après le tournage que j'ai décidé d'écrire des scènes supplémentaires concernant Papa qu'on trouvera dans les prochains épisodes. "Autoradio" m'a surtout permis d'isoler Zim dans une situation nouvelle et de le filmer de manière différente. Une sorte de huis-clos, encore plus personnel que d'habitude et probablement mon épisode favori de la série. 

La bande-son : Comme le fusil de Tchekhov, une K7 de Supertramp qu'on montre à l'écran doit être entendu avant la fin. C'est donc "Goodbye Stranger", sommet du kitch seventies, qui a une résonance personnelle (et pas seulement car Michael Scott l'utilise pour dire adieu à Toby dans The Office !). Pour illustrer le reste des scènes, on entend les ritournelles de Casiotone for the Painfully Alone, qui sont peu à peu devenu le "thème officielle (mais pas tant que ça car on a pas les droits)" de la série.


La suite : Après Elvis, c'est Chopin qui vient rendre visite à Zim. Et Elvis est dans le coin aussi.

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